Qui a composé la messe de Méhul ?

Pendant près de deux siècles, la messe dite du « Sacre de Napoléon » a été attribuée au compositeur Etienne-Nicolas Méhul. Mais selon de récentes découvertes, elle serait l’œuvre de l’autrichien Franz Xaver Kleinheiz.

Qui a composé la messe de Méhul ?
L'ensemble Les Siècles interprétera la Messe désormais "dite de Méhul" lors d'une tournée © Michele Crosera

C’est une paternité qui jusqu’ici n’avait jamais semblée avoir été remise en cause. La Messe en la bémol majeur**, dite du Sacre de Napoléon a toujours été attribuée au compositeur français Etienne-Nicolas Méhul. Composée en 1804, et redécouverte en France en 1879, on savait seulement qu’elle n’avait jamais été jouée lors du couronnement de l’Empereur. Mais lorsque le Palazetto Bru Zane* a décidé de célébrer cette année le bicentenaire de la mort de Méhul, cette Messe qui constitue la seule œuvre lyrique du répertoire du compositeur, a éveillé la curiosité du centre. Et grâce à sa programmation pour une série de concerts donnés par l’ensemble [Les Siècles*,](http://www.francemusique.fr/personne/les-siecles) des documents inédits, qui sèment le doute sur l’auteur de l’œuvre, ont pu ressurgir.

Durant l’été 2016, quelques semaines seulement avant le début de la tournée, une enquête a rassemblé des chercheurs du monde entier pour en savoir plus sur l’historique de cette œuvre et de sa partition. Et c’est finalement la musicologue Rita Steblin qui identifia celui qui semble être le compositeur véritable de la Messe, mais qui garda volontairement l’anonymat : le compositeur, pianiste et Kapellmeister autrichien Franz Xaver Kleinheinz (1765-1832). L’enquête a également permis de découvrir que l’authenticité de l’œuvre de Méhul avait été contestée vers 1820.

Si cette thèse est avérée, pourquoi Franz Xaver Kleinheinz a-t-il caché son travail ? Pourquoi ce mensonge ? Etait-ce une plaisanterie, une façon de faire respecter son œuvre ou de gagner de l’argent ? L’enquête continue pour répondre à ces questions, et connaître les motivations du musicien. Et en attendant, vous pouvez redécouvrir cette pièce, sous un autre angle, et sous un autre nom celui de Messe en la bémol majeur « dite de Méhul », interprétée par l’ensemble de François-Xavier Roth Les Siècles qui commence sa tournée ce soir, par le Festival de Laon.