L'Opéra prend l'air avec Carmen au parc de Sceaux

L’édition 2018 d’Opéra en plein air s’est tenue le vendredi 15 juin, au parc de Sceaux, dans les Hauts-de-Seine. Les spectateurs, dont certains assistaient pour la première fois à un opéra, ont pu découvrir Carmen dans une mise en scène signée Radu Mihaileanu.

L'Opéra prend l'air avec Carmen au parc de Sceaux
Edition 2011 d'Opéra en plein air, avec Madame Butterfly, © Maxppp / Ph Lavieille, Le Parisien

« C’était ma première fois à l’Opéra, et j’ai adoré », s’enthousiasme Marion, après avoir applaudi Carmen au parc de Sceaux, dans le cadre d’Opéra en plein air, un festival dont l’objectif est de faire découvrir l’art lyrique à un public plus large. « Je vais beaucoup au théâtre, voir des expositions mais c’est vrai que l’opéra ce n’est pas dans mes habitudes », confiait l’étudiante de 25 ans avant le début de la représentation.

C’est le tarif des billets qui a décidé Marion à sauter le pas, environ deux fois moins chers que dans les salles d’opéra classique selon les organisateurs. Elle a payé son billet un peu plus de 50 euros sur internet pour une place dans le carré d’or. « A ce prix-là, à l’Opéra Bastille j’aurais peut-être vu un poteau », ironise-t-elle, reflet d'un préjugé encore très répandu, puisque la salle de Bastille ne comporte aucune place à visibilité réduite. C’est également le cadre qui a conduit près de 2 000 spectateurs à assister à un opéra joué en plein air, devant le château de ce parc des Hauts-de-Seine. En sortant l’opéra de son écrin doré, les organisateurs espèrent « casser » la barrière symbolique qui entoure l’Opéra.

Pique-nique en musique 

Une heure avant l’entrée sur scène de la célèbre bohémienne de Bizet, de nombreux spectateurs ont déplié les nappes pour pique-niquer sur les pelouses du parc. « Les gens sont séduits par l’ambiance familiale et conviviale », ajoute Benjamin Patou, le producteur du festival qui fête cette année sa 18ème édition.

A chaque saison, le festival associe une personnalité du monde artistique avec une pièce célèbre. Le spectacle est joué dans des sites patrimoniaux en plein air. Cette année, c’est le réalisateur de Va, vis et deviens, Radu Mihaileanu, qui met en scène à Sceaux Carmen. Une douzaine de dates sont programmées à travers la France, de l’Hôtel national des Invalides à la cité de Carcassonne en passant par le Château de Haroué en Lorraine.

« L’opéra est un art populaire, tout le monde connait au moins un air de Carmen », avance le réalisateur, très fier de participer à un événement qui vise « à démocratiser cet art ». Les initiatives de ce type se multiplient ces dernières années. Si les grandes institutions essayent d’attirer un public plus large en proposant des tarifs réduits par exemple, « les initiatives qui visent à délocaliser temporairement la production de spectacles permettent de neutraliser ce type de barrière symbolique », estime le sociologue des pratiques culturelles, Philippe Coulangeon.

avec AFP