Programme de l'éducation artistique et culturelle de la Région Île-de-France : en avant la musique !

Grâce au programme de l'éducation artistique et culturelle de la région Île-de-France, la musique classique devrait être plus présente dans les lycées et les CFA franciliens. Un pas en avant important quand on sait qu'elle est quasiment absente des programmes.

Programme de l'éducation artistique et culturelle de la Région Île-de-France : en avant la musique !
L'EAC et les lycées en Ile de France : en avant la musique !, © Getty / Andrew Lichtenstein

« Les lycées et les centres de formation et d’apprentissage (CFA) doivent être la porte d’entrée à l’art et la culture ». C'est ce qu’a déclaré lundi 12 novembre, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. Elle s'est exprimée lors d'une conférence de presse dédiée à la présentation de sa politique en matière d'éducation artistique et culturelle (EAC) pour 2018/2019. Quelques 500 établissements franciliens sont concernés pour un budget de 4,5 millions d'euros. 

« L’éducation artistique et culturelle est un peu la tarte à la crème du politique. Tout le monde en fait, mais traditionnellement le principe même est le saupoudrage. Nous, on est partis de l’idée que nous avons 465 lycées et qu'il nous faut au minimum 500 projets. » 

Le projet vise à mobiliser les dispositifs existants dans une démarche plus « structurée, plus organisée et plus équilibrée» sur tout le territoire. Et notamment de s'appuyer sur les forces vives : « un artiste sur deux est installé en Île-de-France. Nous avons pris tous les outils dont nous disposions pour les mettre en résonance avec cette ambition : l'ONDIF- l'Orchestre national de l'Ile de Franceet lechoeur régional Victoria, le fond d'art contemporain, nos financements cinéma, les résidences d'écrivains, les aides au livre et le spectacle vivant et nous avons fait la tournée des proviseurs des lycées et des CFA pour leur proposer sur catalogue tout ce que nous avons,» a déclaré Valérie Pécresse. 

Un accent particulier est mis sur le livre et la lecture mais toutes les autres disciplines artistiques seront représentées : cinéma, spectacle vivant, arts visuels et la musique. Le programme devrait bénéficier à 500 000 lycéens, dont 80 000 jeunes dans les CFA de la région.

La musique, oubliée des programmes, de retour au lycée

Et quant à la musique, le chantier est vaste. Absente de l’enseignement obligatoire – les cours de l’éducation musicale s’arrêtent au collège – la musique au lycée est présente uniquement à travers les options. L'option de spécialisation est ainsi destinée aux élèves musiciens, dans les classes CHAM (Classes à horaire aménage musique) notamment, ou à ceux qui ont une pratique musicale à l’extérieur qu’ils veulent valoriser au baccalauréat, tandis que l'option facultative reste ouverte à tous les élèves. Mais les récentes initiatives en faveur de la pratique musique à l’école, soutenues conjointement par le ministère de l’Education nationale et de la Culture, semblent s’arrêter une fois franchi le seuil du collège

« Il y avait une rupture dans les enseignements, explique Florence Portelli, présidente de l’ONDIF, principal partenaire « musique » du programme de l’éducation artistique et culturelle de la région Île-de-France. Nous avons pu développer les classes d’orchestre à l’école, les classes CHAM au collège, mais c'est encore insuffisant parce que l’éducation nationale ne veut pas élargir ce dispositif. Si on propose un pass culture à un jeune de 18 ans qui n'a pas pu bénéficie d'une éducation artistique, ça ne sert à rien. Et encore moins dans les zones géographiquement éloignées des centres culturels. Il faut prolonger l’enseignement de la musique jusqu’au lycée. »

Habitué des actions pédagogiques et de médiation dans toute la région, l'ONDIF n'avait alors travaillé qu'avec les primaires et les collèges. « Nous sommes passés de 0 à plus de 50 lycées d'un bond, se félicite Florence Portelli. L'ONDIF est un orchestre à vocation citoyenne qui se déplace en Île de France, dans les zones reculées, partout où il existe une fracture culturelle : entre la petite et la grande couronne, mais aussi entre les communes de la grande couronne, et bien sûr, Paris. Il va vers les lycéens, et les lycées viennent vers lui, et viennent aussi à la Philharmonie. » 

Ateliers, concerts, interventions et rencontres avec des musiciens autour d'un répertoire classique très diversifié, l'ONDIF a ainsi pu toucher 21 000 élèves depuis cette année.  Et espère pouvoir bientôt proposer plus que les ateliers découverte :

« La région a aussi financé un studio d'enregistrement, inauguré récemment, et l'idée c'est de pouvoir y enregistrer la musique de film. Nous souhaitons en profiter pour pousser les lycéens à travailler sur cette thématique, parce que c'est une perspective d'emploi et il y a très peu de formations disponibles dans les lycées. En plus, de nombreux établissements ont mis en place des projets en lien avec le cinéma, donc on peut imaginer des projets artistiques transversaux, » aprécisé Florence Portelli.

D'autres genres musicaux et les pratiques musicales des jeunes seront également valorisés, comme ce tremplin pour les groupes de musiques actuelles, dont les gagnants seront sélectionnés pour jouer au festival Rock en Seine en 2019.