Première victoire pour les opposants aux transformations des loges de l’Opéra Garnier

L’Opéra de Paris et l’association opposée aux travaux des loges du palais Garnier se sont une nouvelle fois affrontés au tribunal administratif de Paris. Le rapporteur public a préconisé « l’annulation de la décision d’installation des cloisons ».

Première victoire pour les opposants aux transformations des loges de l’Opéra Garnier
Les nouvelles cloisons sont installées sur des rails posés au plafond ©GDecalf/RadioFrance

C’est un premier succès pour les opposants aux travaux. Ce jeudi 29 septembre, au tribunal administratif de Paris, la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) a demandé l’annulation de l’autorisation des travaux de rénovation des cloisons des loges du Palais Garnier. Elle avait été délivrée le 24 novembre 2015 par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Lors de l’audience, le rapporteur public a penché de son côté en déplorant l’engagement de travaux sans pleine connaissance des « conséquences sur l’esthétique et l’acoustique » du bâtiment. Il a fustigé la « légèreté » de l’Opéra national de Paris et recommandé « l’annulation de la décision d’installation des nouvelles cloisons ».

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L’avocat de l’Opéra a argué que l’institution n’avait pas réalisé de travaux sans autorisation mais « un prototype de nouvelle cloison, à la demande de la Drac », qui avait donné son accord. L’opéra a également fait valoir que ces nouvelles cloisons rétractables, posées sur des rails, seraient réinstallées après chaque spectacle pour les visites du Palais Garnier, qui accueille chaque année plus de 700 000 touristes. « Scandale » et « dénaturation » pour l’association, qui affirme que l’Opéra a « fait déposer toutes les cloisons avant même la décision du 24 novembre ».

Le tribunal administratif, a déjà débouté trois fois les opposants au projet, estimant qu’”aucun des moyens invoqués” n’était “de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision d’autorisation des travaux ”. Mais cette fois-ci les choses pourraient être différentes, l’avis du rapporteur public étant généralement suivi. Le tribunal administratif rendra sa décision dans les prochaines semaines. S’il annule l’autorisation de travaux, l’Opéra pourra faire appel et solliciter un sursis à l’exécution du jugement.

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