Portrait de Victor Jacob, jeune chef français distingué à Besançon

S’il n’a pas obtenu le Grand Prix, le Français Victor Jacob s’est tout de même vu décerner une « mention spéciale » de la part du jury de la 56e édition du Concours de jeunes chefs d’orchestre de Besançon, samedi 21 septembre 2019. Une récompense inédite dans l’histoire de la compétition.

Portrait de Victor Jacob, jeune chef français distingué à Besançon
Victor Jacob au Concours international de jeunes chefs de Besançon, © AFP / Sébastien Bozon

Samedi 21 septembre, après un marathon d’épreuves, le verdict est tombé : c’est la japonaise Nodoka Okisawa, 32 ans, qui a remporté le Grand Prix de cette 56e  édition de la compétition. 

Quant à Victor Jacob, finaliste français de 28 ans, il n'est pas pour autant reparti les mains vides. Le jury lui a décerné une « mention spéciale » inédite pour saluer « le très beau parcours du jeune chef sur l’ensemble du concours ».

« Plus que le premier prix, c'est exactement ce dont j’avais besoin : la reconnaissance de mon travail, qu'on me dise que je suis sur la bonne voie et que je suis un bon chef d'orchestre », confie le jeune Parisien.

Venu à la musique par le violon et par le chœur d'enfants de la Maîtrise de Radio France, Victor Jacob a découvert la direction d'orchestre « dans le salon » du chef britannique Neil Thomson, son « mentor ».

Diplômé d'un master de direction d'orchestre de la Royal Academy of Music de Londres et du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, il occupera la saison prochaine les postes de chef assistant à l’Orchestre royal philharmonique de Liège (Belgique) et de directeur musical de l’Orchestre des jeunes de l’Orchestre national de Lyon.

« Ecouter l'orchestre »

« On écoute l’œuvre, on analyse la pièce, l'orchestration, comment c’est écrit. On se renseigne sur l'époque », explique le jeune homme au tempérament calme et déterminé. « C’est ça le boulot d’un concours : s'approprier les pièces, les langages », dit-il.

Avant chacun de ses passages Victor Jacob relit une dernière fois sa partition, parsemée d’annotations rouges et noires. Il arpente les coulisses, s'assouplit le poignet, écoute l’œuvre dans sa tête et dirige de la baguette un orchestre invisible. Quand vient le moment de monter sur l'estrade, face à l'orchestre, le trac se dissipe pour laisser place à la musique.

« _Le chef doit avoir de l'empathie, il doit nous absorber, nous faire venir à lu_i », souligne Philippe Cornus, percussionniste de l'Orchestre Victor Hugo Franche-Comté. « S'il veut que je ponctue avec les timbales, j'ai besoin qu'il me marque avec le corps l'envergure avec laquelle jouer ».

« Victor a une grande technicité, il réagit aux propositions de l'orchestre et l'écoute pour l'emmener à son idéal », apprécie le percussionniste.

Déjà demi-finaliste du concours en 2017, Victor Jacob s'est appliqué à « être à la bonne place, juste au point magique : toujours au bon degré de don et de réception ». Après s’être frottés à Wagner et Ibert au premier tour, Beethoven et Prokofiev au second, les candidats ont dirigé Poulenc et Mozart lors des épreuves d'oratorio et d'opéra de la demi-finale.

Seuls trois d'entre eux se sont hissés en finale où ils ont interprété Mort et transfiguration op.24 de Richard Strauss et Constellations, une œuvre d’Eric Tanguy, présentée en création mondiale. Ils étaient à tête de la Deutsche Radio Philharmonie de Sarrebruck et Kaiserslautern.

Le président du jury, Yan Pascal Tortelier, explique avoir choisi « une musique très contrastée qui dévoile les différentes aptitudes des chefs d’orchestre » et révèle leur « oreille ». « Il faudrait ne pas diriger la musique, mais laisser la musique vous diriger. C’est bien ça l'art du chef d'orchestre », observe-t-il.