Polémique autour d’une opérette à Seattle

Les stéréotypes sur la culture japonaise véhiculés par l’opérette The Mikado, de Gilbert et Sullivan, soulèvent de nombreuses questions à Seattle.

Polémique autour d’une opérette à Seattle
© Dave Ross - Dave Ross dans le rôle de "Ko-Ko" - The Mikado

Depuis le 15 juillet, la Seattle Gilbert and Sullivan Society (Washington, Etats-Unis) est l’objet de vives critiques de la part de plusieurs médias américains. En cause : l’opérette comique The Mikado, produite depuis le 11 juillet, véhiculerait un discours raciste et passéiste sur la culture japonaise. Dans un article du Seattle Times publié le 15 juillet, une journaliste considère que la pièce « ouvre une vieille blessure et ranime des stéréotypes péjoratifs », notamment parce qu’elle ferait l’usage du « yellowface », une pratique théâtrale courante au 19ème siècle, dans laquelle les acteurs occidentaux se maquillaient outrancièrement et se paraient de costumes traditionnels japonais, pour créer un effet comique.

L’opérette en question a été crée en 1885 par le compositeur britannique Arthur Sullivan et le librettiste William S. Gilbert. Selon la société Gilbert et Sullivan, The Mikado tourne en dérision les institutions et le modèle colonial britannique au19ème siècle, considérés comme peu ouverts sur le monde et sur les cultures étrangères, notamment celle du Japon.

Pamela Kelley Elend, directrice de la Seattle Gilbert and Sullivan Society a exprimé sur la page Facebook de la société sa volonté de moderniser la pièce : « comme Gilbert et Sullivan, nous réactualisons nos productions afin de refléter les réalités économiques et politiques de notre siècle, mais nous le faisons en harmonie avec la beauté de la production originale ».

Cette production de l’opérette aurait déjà été montée plus de dix fois depuis les débuts de la société : « en soixante ans d’existence, et avant la publication de cet article dans le Seattle Times, nous n’avions jamais reçu de plainte » a ajouté Pamela Kelley Elend.