Pierre Boulez chef d’orchestre : retour sur sa discographie

Mis à jour le jeudi 07 janvier 2016 à 16h55

Pierre Boulez, décédé mardi 5 janvier 2016 à 90 ans, laisse derrière lui ses compositions mais aussi son passé de chef d’orchestre à la tête des plus grands ensembles.

Pierre Boulez était un grand compositeur, un grand pédagogue et un grand chef d’orchestre. Il est mort mardi 5 janvier 2016 à Baden Baden. Les plus prestigieux orchestres du monde sont passés entre ses mains. En 1967, Pierre Boulezse voit confié l’orchestre de Cleveland avant de diriger l’orchestre de la BBC en alternance avec l’orchestre philharmonique de New York dans les années 70. A partir de 1995, le compositeur prend la tête de l’orchestre symphonique de Chicago. Outre Atlantique, les orchestres de Cleveland et de Chicago étaient ses préférés.

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Si Pierre Boulez a marqué sa présence auprès des musiciens et collaborateurs de ces orchestres internationaux, il laisse aussi derrière lui une riche discographie. Certains disques sont des références dans le monde musical, en voici une sélection :

1963 Premier enregistrement du Sacre du printemps d’Igor Stravinsky avec l’orchestre national de l'ORTF

Sacre du Printemps
Sacre du Printemps

1964 Wozzeck de Berg avec l’orchestre de l’Opéra de Paris

Wozzeck
Wozzeck

►1970 Le 1er et 3ème concerto pourpiano deBartók avec Daniel Barenboim et l’orchestre symphonique de la BBC

Bartok
Bartok

1976 Le Ring du centenaire à Bayreuth dans la mise en scène de Patrice Chéreau

Ring Wagner
Ring Wagner

1979 Lulu deBerg à l’Opéra de Paris

Lulu Berg
Lulu Berg

1984 The perfect stranger de Frank Zappa

Frank Zappa
Frank Zappa

►1984 Modulations de Gérard Grisey avec l’Ensemble Intercontemporain

Gérard Grisey
Gérard Grisey

1988 Le concerto de chambre de Ligeti avec l’Ensemble Intercontemporain

Pochette Ligeti Les Siècles
Pochette Ligeti Les Siècles

►1989 La 8ème symphonie deBruckner avec l’orchestre philharmonique de Vienne

Bruckner
Bruckner

19952 La mer et les Nocturnes de Debussyavec l’orchestre de Cleveland

Debussy
Debussy

►1993 Gurre-lieder de Schoenberg avec l’orchestre symphonique de la BBC

Gurrelieder
Gurrelieder

1995: Daphnis et Chloé de Ravel avec l’orchestre philharmonique de Berlin

Daphnis et Chloé
Daphnis et Chloé

►1999 Pierrot Lunaire de Schoenberg avec Christine Schäfer et l’Ensemble Intercontemporain

Pierrot Lunaire
Pierrot Lunaire

2000 4ème Symphonie de Mahleravec l’orchestre de Cleveland

Mahler
Mahler

Pierre Boulez parle de la direction d’orchestre dans le portrait numérique Boulez, de la fulgurance au plaisir :

«Ce qui est important pour moi dans la direction c’est le dialogue avec un musicien. Le musicien attend que vous lui donner une impulsion. Si vous n’avez aucune impulsion et vous vous contentez d’être mécanique ça ne va pas les inspirer. Ils attendent que vous leur dites leur rôle. Il faut trouver par des mots précis les gestes qu’ils vont faire.
Ce que j’ai remarqué quand je fais des cours de direction, c’est qu’il y a des chefs qui sont très bien organisés dans leur tête, mais qui ne savent pas transmettre par le vocabulaire. Or il faut une double transmission: une transmission par la parole c’est à dire transposer ce que vous savez mais en des termes concrets, et transmettre avec un moyen physique.

D’un autre côté il y a des chefs qui n’ont pas grand chose à dire, des gens qui ne comprennent pas une oeuvre ou la comprennent très vaguement, intuitivement. Et je pense qu’ils ne peuvent pas transmettre. Ils ont un très bon bras par exemple mais qu’est-ce qu’ils transmettent ? Ce qui est important c’est d’accepter ce que les autres vous proposent.

Dans une oeuvre que les musiciens ne connaissent pas ou mal, vous êtes obligés de leur fournir des éléments. Mais dans une oeuvre qu’ils connaissent, ils ont aussi leur opinion, surtout les solistes... Dans un grand orchestre ce sont vraiment des musiciens qui sont à leur plus haut niveau d’interprétation, ils ont quelque chose à dire je ne peux pas leur ordonner: “Faites ça”. Je les écoute, et si c’est compatible avec ce que je pense je ne leur dit rien, je vais dans leur direction.

S’il y a quelques chose de contradictoire avec ce que je pense, il faut le chercher: qu’est ce qui est contradictoire ? Analyser très vite ce qu’il peut se passer et dire “Moi je pense que pour ce moment on peut essayer autrement”. Si vous avez un grand soliste, il faut discuter tout seul avec lui avant la répétition, sans que l’on soit observé. C’est un métier que l’on apprend. Ce que l’on n’apprend pas c’est penser la partition, l’étudier et savoir ce que l’on veut en faire, et c’est l’essentiel.»

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