Piano aux Jacobins à Toulouse, défricheur de pianistes depuis 40 ans

Plus vieux festival de piano de France, la manifestation toulousaine a fortement contribué à faire éclore et lancer la carrière de nombreux pianistes.

Piano aux Jacobins à Toulouse, défricheur de pianistes depuis 40 ans
Le cloître du couvent des Jacobins à Toulouse accueille des concerts depuis 40 ans

C’est l’une des forces de ce festival : programmer les stars internationales du piano tout en donnant un coup de projecteur aux jeunes, promis à un brillant avenir. En 40 ans d’existence, le festival Piano aux Jacobins a contribué à lancer de nombreuses carrières. Il a aussi permis à de nombreux jeunes musiciens, quand ils étaient enfants, de venir assister à des concerts et susciter des vocations.

C’est le cas de Nathanaël Gouin, 31 ans, qui a vécu la majeure partie de son enfance à Toulouse. Il a commencé le piano au conservatoire de la ville et se souvient très bien de ses premiers concerts aux Jacobins alors qu’il était enfant. « J’ai des souvenirs de concerts d’Elisabeth Leonskaja, de Nicholas Angelich. Je regardais cela avec des yeux émerveillés et surtout les oreilles grandes ouvertes » se souvient le pianiste qui a joué dans le fameux cloître du couvent des Jacobins pour la première fois en 2017.

« C’est un festival à l’ambiance extraordinaire. Il y a une forme d’intimité qui se crée dans un lieu grandiose, inhabituel. On est très proche du public qui se retrouve englobé dans le son. Aller aux Jacobins, ce n’est pas anodin. C’est un rendez-vous avec soi-même, avec la musique, qui est très particulier » précise Nathanaël Gouin.

Toulouse est également la ville natale de Bertrand Chamayou et de Adam Laloum. Deux pianistes à la renommée internationale, et qui ont d’abord joué dans le festival Piano aux Jacobins avant de voir leur carrière exploser. Cette nouvelle génération de grands pianistes fait la fierté du conservatoire à rayonnement régional de Toulouse, ont tous deux ont étudié. Avec 2 000 élèves, il est l’un des plus importants de France. 

Pour son directeur, Jean Dekyndt, c’est une fierté d’être à la tête d’un établissement d’où sont sortis de nombreux musiciens renommés. Selon lui, les élèves profitent de l’intensité de la vie musicale, dont le festival Piano aux Jacobins. « Avoir l’occasion dans sa ville de pouvoir écouter des musiciens, qui peuvent être la projection de certains de nos étudiants dans 5, 10 ou 15 ans, c’est une grande motivation. Ils peuvent s’identifier. A Toulouse, nous avons une véritable tradition musicale. La musique est vraiment attachée à cette ville comme elle l’est nulle part ailleurs » explique le directeur en poste depuis 6 ans. 

Avec l’Orchestre national du Capitole, l’Opéra, les concerts de la Halle aux grains ou encore l’Orchestre de chambre de Toulouse, la ville rose propose une riche programmation musicale classique et créé de l’émulation chez les jeunes musiciens. Et c’est dans ce climat musical intense que s’inscrit Piano aux Jacobins depuis 40 ans. Grâce à leur flair, les deux fondateurs de l’événement, Catherine d’Argoubert et Paul-Arnaud Péjouan, ont su déceler le potentiel chez les jeunes pianistes. 

Dont l’un des plus beaux exemples est certainement Bertrand Chamayou. « Nous l’avons fait joué aux Jacobins quand il avait 14 ans, se souvient Paul-Arnaud Péjouan. Aujourd’hui, il est devenu l’artiste français de sa génération le plus connu à l’international. Bertrand le dit très bien lui-même, il a eu deux écoles dans sa vie : le conservatoire et Piano aux Jacobins. Grâce au festival, il a pu écouter et voir les plus grands maîtres du piano du XXe siècle. Vlado Perlemuter, Shura Cherkassky, Rudolf Firkusny, etc. Toutes ces légendes du piano ont eu un grand impact sur des jeunes musiciens comme Bertrand Chamayou ».

40 ans après la créaton du festival, les deux directeurs n’ont aucunement perdu leur flair. Notamment avec la programmation cette année d’Alexandre Kantorow. Invitation faite avant que le pianiste de 22 ans ne remporte le très prestigieux Concours Tchaïkovski en juin dernier. Il était déjà présent aux Jacobins en 2017.

Piano aux Jacobins, à Toulouse du 5 au 30 septembre