Parents des enfants musiciens : petit guide de rentrée

Mis à jour le jeudi 15 septembre 2016 à 11h41

Ils ont parfois un emploi du temps de ministre… pas facile de rajouter, en plus des cours de musique, un travail sur l’instrument à la maison. Petit guide pour bien amorcer la rentrée.

Parents des enfants musiciens : petit guide de rentrée
JGI/Jamie Grill, © Getty

C’est la rentrée, l’emploi du temps hebdomadaire commence à prendre une forme concrète. Entre les cours à l’école et les activités de vos petites têtes blondes, la journée est vite remplie. Reste à organiser les devoirs à la sortie de l’école… Vous pensez vous être sorti de ce casse-tête et là votre esprit est traversé par le mantra du professeur d’instrument de votre petit musicien : « prévoyez tous les jours vingt minutes d’exercice, histoire de revoir ensemble la leçon de la semaine. Mieux vaut vingt minutes tous les jours, qu’une heure la veille du cours… ».

Et vous voilà face à vos pires cauchemars : où caser ces vingt minutes quotidiennes ? Comment faire en sorte que, même si ce n’est que dix minutes consacrées à l’instrument, votre petit génie en profite au maximum ? Et si vos enfants sont plus grands, comment s’assurer qu’en travaillant, ils travaillent à la fois leurs muscles, leur musicalité et leur cerveau ?

Pourquoi tous les jours ?

La pratique musicale est un sport de haut niveau, en quelque sorte. Etre musicien exige une certaine condition physique, un entrainement musculaire, qu’il s’agisse de la pratique d’un instrument ou celle du chant. Comme pour le sport, l’entraînement des groupes musculaires impliqués dans la pratique musicale n’est efficace que dans la continuité. D'ailleurs, pour préparer un marathon, vous ne vous y mettez pas une semaine en amont, n’est-ce pas ?

Vos petits sont encore débutants, et par ailleurs, ils ont tellement à faire après l’école … Certes, mais de travailler tous les jours son instrument crée un lien, un rendez-vous, comme le bain le soir ou le brossage des dents. Au bout d'un temps, on ne se pose même plus la question. Attention toutefois, si l’enfant est trop fatigué, il est inutile d’insister, contentez-vous de lui faire jouer un tout petit peu, ou reportez la séance au lendemain.

Plutôt comment que combien ?

On entend parfois les petits musiciens surenchérir sur le nombre d’heures passées à leur instrument : quatre par jour, cinq, six, … les parents sont pris de sueur froide :
« le mien ne fait qu’une heure, il ne va jamais y arriver… ».
Bien qu’il soit important de consacrer du temps à son instrument, de plus en plus avec les progrès et au fur et à mesure que l’on gravit les niveaux, il est beaucoup plus important de faire en sorte que le temps passé à travailler soit le plus efficace possible. L’objectif étant que le travail investi aujourd’hui, reste gravé pour le lendemain.

Repetitio est mater studiorum ?

Nous avons tous été biberonnés à la fameuse répétition qui nous fait tant de bien. Dans sa recherche sur l’efficacité du temps passé à pratiquer son instrument, Christine Carter, professeur de clarinette à la Manhattan School of Music, souligne le piège que représente la répétitivité des exercices : « Cette méthode est à l’opposé du fonctionnement de notre cerveau qui est programmé à enregistrer le changement. Une fois la nouvelle information enregistrée, si elle revient de façon répétitive, elle sollicitera à chaque fois moins de réponse de la part du cerveau ». La neuroscience appelle ce phénomène l’accoutumance ; nous pouvons l’appeler tout simplement l’ennui. Et cela ne sert à rien de se donner des claques en se disant : « concentre-toi….». De toute façon, le lendemain, nous nous retrouverons à la case départ, parce que nous avons sollicité notre mémoire musculaire sans impliquer de façon efficace notre cerveau.

Varier les plaisirs

Au lieu d’enchaîner, donc, un passage en boucle, la solution que propose Christine Carter se base sur l’alternance de différents éléments, enchaînésde façon aléatoire. Briser la série veut dire obliger le cerveau à répondre à un changement de stimulus et à se réadapter à une nouvelle tâche. Cela lui permet d’être actif et d’imprimer les informations de façon plus durable. Si vous adoptez cette méthode, il est fort probable que demain, vous et votre enfant pourrez repartir là où vous vous êtes arrêtés la veille.

Commencez par planifier le temps de travail en petites séquences, choisissez trois à cinq éléments et veillez à ce que l’enfant soit à la fois impliqué et actif. Si vos enfants sont plus grands et autonomes pour leur travail d’instrument, méfiez-vous si vous entendez les gammes enchaînées pendant une demi-heure sans interruption... il se trouve que votre bambin fait bouger ses doigts tout en lisant une BD…

Sur le même thème