Opéra de Damon Albarn, marionnettes sur l’eau : le Châtelet dévoile sa nouvelle saison

Le théâtre du Châtelet a présenté le mardi 3 mars sa saison 2020-2021, la deuxième composée par Ruth Mackenzie et Thomas Lauriot dit Prévost. Un programme qui mêle création lyrique, œuvres chorégraphique et reprises de succès.

Opéra de Damon Albarn, marionnettes sur l’eau : le Châtelet dévoile sa nouvelle saison
Le Théâtre du Châtelet dévoile sa saison 2020-2021, © AFP

Le théâtre du Châtelet, qui a rouvert ses portes en septembre 2019 après plus de deux ans de travaux, a présenté sa saison 2020-2021 mardi 3 mars. Le directeur et la directrice de l’institution, Ruth Mackenzie et Thomas Lauriot dit Prévost ont dévoilé le programme aux Magasins généraux en Seine-Saint-Denis, à Pantin. Il mêle diverses formes artistiques, du lyrique aux marionnettes sur l’eau en passant par la comédie musicale. 

Le vol du Boli, « épopée musicale et poétique » sera présentée en création mondiale. Sa musique est signée du musicien britannique Damon Albarn (Blur, Gorillaz), sur un livret et avec la mise en scène d’Abderrahmane Sissako. Cette œuvre nous « plonge dans l’histoire de l’Afrique et de son rapport à l’Europe, du XIIe siècle à nos jours », indique le Châtelet dans un communiqué qui précise que pour cette création de nombreux ateliers de création ont commencé dès 2018 à Bamako, Montreuil, Belleville, Londres et au Châtelet. La partition sera interprétée par des musiciens africains et européens, sur des instruments des deux continents, accompagnés d’un chœur.

Le Rossignol et autres fables d’Igor Stravinsky sera présenté dans la mise en scène du québécois Robert Lepage. « L’orchestre est sur scène et dans la fosse, il y a une piscine dans laquelle les interprètes immergés racontent l'histoire en manipulant des marionnettes, suivant la tradition vietnamienne des marionnettes sur l'eau », a expliqué le directeur à l’AFP

Le Châtelet propose plusieurs relectures inattendues, une version non-religieuse de l'oratorio de Bach, La Passion selon Saint Jean par Calixto Bieito, Ivo van Hove mettra en scène et en musique le roman de Thomas Mann, Mort à Venise, et l’Egyptien Wael Shawky revisite le poème médiéval La Chanson de Roland, interprétée en arabe classique par vingt chanteurs et musiciens fidjeri.

Dernière danse pour Anne Teresa de Keersmaeker

La Flamande Anne Teresa de Keersmaeker dansera en solo sur Les variations Goldberg de Bach, compositeur qui l’accompagne depuis de nombreuses années. Elle montera « pour la dernière fois sur scène en tant que danseuse » selon Thomas Lauriot dit Prévost. 

Avec 20 danseurs pour le 20e siècle et plus encore, le chorégraphe Boris Charmatz réinterprétera des chorégraphies iconiques ou populaires « qui ont nourri l’histoire de la danse », pour proposer une nouvelle lecture du répertoire. Le chorégraphe grec Dimitris Papaioannou présentera sa nouvelle création, pour sa première au Théâtre du Châtelet.  L’institution présente également un premier programme composé avec le ballet de l’Opéra de Marseille et le collectif (La)Horde, qui le dirige. Quatre chorégraphes femmes, Lucinda Childs, Tânia Carvalho, Lasseindra Ninja et Oona Doherty, seront présentes dans ce spectacle. 

Reprises de succès

Le Châtelet renouera également avec des pièces qui ont rencontré un vif succès, la comédie musicale 42nd Street signée Stephen Mear, accompagnés d’ateliers de claquettes, Les Justes d’Albert Camus, mis en scène par Abd Al Malik avec un chœur composé de 10 jeunes comédiens amateurs d’Aulnay-sous-bois. 

Lessons of Love and Violence qui réunit le compositeur George Benjamin, Martin Crimp et la metteuse en scène Katie Mitchell, commande de l’Opéra de Lyon, crée avec succès à Londres en 2018, sera également jouée. 

Ends Credits, une installation de Steve McQueen 

Le réalisateur et plasticien Steve McQueen rend hommage à l’acteur et activiste afro-américain Paul Robeson, qui fut surveillé et mis sur écoute par le FBI, avec son installation End Credits. Une « angoissante compilation de milliers de documents écrits et sonores », déclare le Châtelet. 

Enfin l’institution présentera une autre installation, Singing Trees. Créée par le collectif d’artistes Umbrellium, en collaboration avec l’IRCAM, elle a pour objectif de mettre en lumière « un besoin urgent d’une prise de conscience environnementale ». Ceinturés de « sangles » électroniques les arbres peuvent « chanter » et réagir aux interactions des visiteurs qui sont donc invités à serrer les troncs dans leurs bras.