Le directeur de l'opéra de Lyon Serge Dorny justifie ses notes de frais

Pointé du doigt pour des notes de frais jugées trop élevées par le journal en ligne Médiacités, Serge Dorny, le directeur de l'opéra de Lyon, s'est expliqué. Il a confié sa réaction à un chroniqueur de France Musique.

Le directeur de l'opéra de Lyon Serge Dorny justifie ses notes de frais
Serge Dorny, directeur de l'opéra de Lyon depuis 2003., © AFP / PHILIPPE MERLE / AFP

Mercredi 10 mai, le journal d'information locale Médiacités a épinglé Serge Dorny sur des notes de frais « loin d'une utilisation responsable des deniers publics ». Le média estime que les remboursements sont compris « entre 8 000 et 8 500 euros par mois » et parle d'un « train de vie de diva ». Elles sont composées, entre autres, de billets d'avions et de notes de restaurants. Serge Dorny a réagi à ces accusations et accepté de répondre aux questions d'Antoine Pecqueur, chroniqueur sur France Musique.

600 000 euros de revenus de coproduction

Le directeur de l'opéra, en poste depuis 2003, a tenu à rappeler que ses notes de frais ont été approuvées par le commissaire aux comptes et par l'Urssaf. Il poursuit en les justifiant : pour lui, c'est la baisse des subventions publiques qui le force à chercher davantage de partenaires et, par conséquent, à se déplacer plus souvent. Il doit rendre visite à des maisons d'opéra pour proposer des coproductions, qui permettent de mutualiser les coûts. M. Dorny affirme que son établissement a dégagé 600 000 euros de revenus de coproduction, entre 2012 et 2016.

A la recherche de partenaires privés

Il faut aussi chercher des partenaires privés, donc développer le mécénat. Il affirme qu'un voyage au Japon lui aurait permis de trouver un million d'euros, fournis par des donateurs privés. Pour Serge Dorny, ces montants doivent être mis en perspective avec les notes de frais. Il avoue cependant que certains déplacements n'ont pas abouti, cela a été le cas à Dubaï, mais il rappelle qu'il n'y a aucune obligation de résultat.

Les restaurants de standing : « une forme de coutume »

Serge Dorny ajoute que ses déplacements servent aussi à aller écouter des chanteurs, des chefs d'orchestre, à rencontrer des metteurs en scène... Il se dit obligé d'inviter ses partenaires dans des restaurants de standing, « c'est une forme de coutume ». L'opéra de Lyon est géré par une association, régime également mis en cause par Médiacités. Mais selon M. Dorny, il serait plus intéressant sur le plan économique car les charges patronales y seraient plus faibles. Il n'est pas le premier directeur d'opéra à être dénigré pour ses notes de frais. L'année dernière, la cour des comptes avait pointé les dépenses de taxi de l'Opéra national de Paris, qui s'élevaient à près de 100 000 euros en 2014, sous l'ancienne direction de l'institution.