Développement du cerveau humain : et si la musique s'en mêle ?

Cent milliards de neurones qui bouillonnent sans relâche, c'est notre cerveau vu par les neuro-scientifiques. Et lorsque la musique s'en mêle, que se passe-t-il ? Retour sur une journée de conférences Musique et cerveau à Radio France.

Développement du cerveau humain : et si la musique s'en mêle ?
BlackJack3D, © Getty

Savez-vous que rien qu'en lisant ces quelques mots, votre cerveau a déjà créé de multiples nouvelles connections synaptiques ? Savez-vous qu'il est composé d'environ cent milliards de neurones et que chacun de ces neurones dispose d'à peu près dix mille connections synaptiques ? Et que toute cette structure fascinante travaille sans relâche et qu'elle est capable de se modifier et, au besoin, de se réorganiser, sous l'influence de l’environnement, toute votre vie durant ? Et si la musique y participe, que se passe-t-il ?

C'est le cerveau sous toutes ses coutures qui était disséqué lors de la matinée inaugurale de la conférence "Musique et cerveau" à Radio France, le 14 octobre 2017. Structure, fonctionnement, développement neuronal, plasticité cérébrale, connectivité, impact environnemental, mécanismes d'apprentissage, pathologies, rééducation... Frédérique Bonnet-Brilhault, pédopsychiatre et professeure de médecine au CHRU de Tours - spécialiste de l'autisme, et Jacques Dayan, professeur de pédopsychiatrie au CHU de Rennes et chercheur à l’INSERM à Caen - spécialiste du stress et du traumatisme - ont ouvert la journée avec un regard scientifique sur cet organe mystérieux et fascinant que les chercheurs commencent seulement à appréhender dans toute sa complexité, selon eux.

Selon le principe des conférences Musique et cerveau, le regard des scientifiques est ensuite mis en perspective avec celui d'un musicien. Dans le rôle du grand témoin pour cette 7e édition, la conférence a accueilli Didier Lockwood, violoniste de jazz et créateur de la pédagogie de l'improvisation "Cordes et âmes". L'acte de l'improvisation, la créativité et la transmission ont ainsi été abordés (exemples musicaux à l'appui) et commentés d'un point de vue scientifique par Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l'Université de Caen et modérateur de cette journée. En lien avec la première partie de journée, de multiples utilisations de la musique dans différentes situations cliniques ont été évoquées, par exemple dans les services de néonatologie avec les grands prématurés ou dans la prise en charge des enfants avec autisme.

C'était aussi l'occasion de rappeler que l'impact de la musique sur les fonctions cognitives et exécutives de notre cerveau n'est plus à prouver, notamment chez les enfants et les jeunes : la pratique musicale améliore les compétences au niveau du langage, de la motricité et de la mémoire. Pour les sceptiques, des chercheurs canadiens en neuroscience ont travaillé sur la pratique musicale. Selon eux, elle modifie durablement notre cerveau dans sa structure, son organisation et sa connectivité, toutes ces modifications étant visibles maintenant grâce à la neuro-imagerie de pointe.

S'il n'y avait qu'une bonne nouvelle à retenir de cette journée : même si vous n'avez plus six ans, vous avez toujours votre chance. La plasticité cérébrale, cette capacité du cerveau à s'adapter et se modifier en fonction des stimuli de l’environnement, ne s'arrête pas avec la croissance, et encore moins à l'âge d'entrée à l'école. Même la veille de votre mort, votre cerveau pourra créer de nouvelles connections synaptiques. Et si vous souhaitez optimiser votre capacité cérébrale - quel que soit votre âge, n'oubliez pas que la pratique musicale sera votre allié de taille.