Musiciens amateurs et confirmés se retrouvent dans les chœurs et orchestres universitaires

Ils sont étudiants en économie, musicologie ou littérature, mais aussi musiciens ou chanteurs. Chaque année, plusieurs milliers d’étudiants intègrent des orchestres et des choeurs universitaires, que ce soit pour entretenir leur pratique ou pour le simple plaisir de jouer ensemble.

Musiciens amateurs et confirmés se retrouvent dans les chœurs et orchestres universitaires
L'université de la Sorbonne, dans le quartier latin , © Getty

« Ce qui est intéressant, c’est qu’on est dans un orchestre avec des jeunes de notre âge, on partage la même passion pour la musique et c’est enrichissant sur le plan personnel ». Grégory, 18 ans, rentre en première année d’économie à la Sorbonne et vient tout juste d’auditionner pour intégrer le COSU (Choeur et Orchestre Sorbonne Université). Violoncelliste depuis l’enfance, le jeune Alsacien fraîchement débarqué à Paris souhaite pratiquer régulièrement son instrument et gagner de l’expérience en jouant en orchestre : « Le pupitre de violoncelle a la particularité d’être la base de l’orchestre, la basse. C’est complètement différent de l’apprentissage soliste, donc on apprend encore plus sur le plan musical en jouant en orchestre ». 

Comme Grégory, des milliers d’étudiants se tournent chaque année vers une formation musicale universitaire, partout en France. Parmi ces orchestres, le COSU, créé en 2012, compte une centaine de membres répartis entre choeur et orchestre. La grande majorité de ses musiciens étudie la musique ou la musicologie , même s’ils ne deviendront pas forcément musiciens professionnels, comme l’explique leur chef d’orchestre Sébastien Taillard : « Ce sont des étudiants qui sont assez avancés dans leur parcours, ils se destinent tous plus ou moins à un un avenir professionnel dans le milieu musical ». 

Juliette n’était « pas obligée de continuer la pratique instrumentale » puisqu’elle intègre un Master de recherche en musicologie. Mais pour cette violoniste de 21 ans, pas question pour autant d’abandonner l’instrument : « Je ne veux pas en faire mon métier mais je trouve important de continuer à jouer. Je me suis orientée vers la musicologie par passion, pour moi c'est évident et complémentaire de continuer à avoir une pratique amateur tout au long de ma vie ».  Si elle est acceptée au sein du COSU, Juliette aura six heures de répétition par semaine, réparties en deux sessions, le jeudi soir et le samedi. Un travail « intensif » souligne le chef Sébastien Taillard, qui permet non seulement de « former un collectif qui s’engage de manière très régulière et de fédérer les gens autour d’un projet commun » mais aussi d’avoir « une qualité intéressante de jeu, de pouvoir aller loin dans le détail des œuvres ».  

Même démarche côté chœur. Pour les auditions, le chef de chœur Ariel Alonso juge avant tout sur « la capacité de la voix, la facilité à déchiffrer (...) et puis évidemment les motivations, les expériences en chant collectif et les désirs d’avenir ». Peu étonnant, donc, de rencontrer pendant ces auditions un profil comme celui de Mathilde, 17 ans, ancienne élève de la Maîtrise de Radio France. Etudiante en première année de musicologie, Mathilde souhaitait avant tout pouvoir continuer à chanter en chœur mais pour elle, intégrer le COSU, « c’est aussi pour les rencontres, parler musique… et de tout et n’importe quoi ! ».

Amateurs expérimentés et grands débutants

Tous les orchestres universitaires sont différents, et ont leurs particularités. Au Choeur et Orchestre des Grandes Écoles, ce sont moins les compétences musicales qui comptent que l’envie de chanter et de jouer ensemble. Plus de 300 jeunes issus des grandes écoles et universités (Sciences Po, Télécom ParisTech…) intègrent les deux formations instrumentales (l’une symphonique, l’autre philharmonique) et trois ensembles vocaux (symphonique, philharmonique, et Ensemble Vocal). 

Rémi Aguirre Zubiri est le chef de l’Ensemble Vocal. Lui demande que les chanteurs aient une certaine autonomie : « Nous avons très peu de répétitions, tous les quinze jours, et seulement neuf répétitions pour monter un concert d'une petite heure ».  Mais cette exigence n'est pas partagée avec le chœur symphonique, par exemple, qui « répète toutes les semaines, ce qui permet à des choristes plus novices de venir déchiffrer la partition avec le chef de chœur, qui va leur expliquer la partition, l'analyser avec eux pour leur donner les clés de compréhension, de manière à ce qu'ils puissent prendre plaisir à la chanter chaque semaine ». C’est le cas d’Héloïse, étudiante à Sciences Po, venue chercher au COGE le simple plaisir de chanter ensemble même si elle ne déchiffre pas facilement la musique : « Quand je chante et que je fais partie d’un ensemble vocal, le son que nous produisons tous ensemble est plus beau que celui que je peux produire toute seule sous ma douche ». Amateurs, débutants ou jeunes professionnels, chacun dans ces formations y trouve finalement son compte.