Mort de Pierre Bergé, homme d’affaires et de culture

Pierre Bergé, mécène, ancien PDG d’Yves Saint-Laurent, homme de culture et de médias est mort vendredi 8 septembre à l’âge de 86 ans.

Mort de Pierre Bergé, homme d’affaires et de culture
Pierre Bergé lors de l'inauguration de la fondation Louis Vuitton en 2014, © Maxppp / Thomas Padilla

L’homme d’affaires passionné d’art Pierre Bergé est mort vendredi 8 septembre à l’âge de 86 ans à son domicile situé à Saint-Rémy-de-Provence. Collectionneur, mécène, ancien PDG de la maison de couture Yves-Saint Laurent, il a consacré une grande partie de sa vie personnelle et professionnelle aux arts.

Un passionné de musique

Dès son plus jeune âge, sa mère, institutrice et soprano, Pierre Bergé baigne dans la musique : « L’ opéra m’est très familier, je suis né là-dedans, j’ai entendu tout petit les plus grands airs », a-t-il témoigné dans l’émission Musique Emoi dans laquelle il était invité en juin dernier. Cette passion le pousse à prendre la direction, de 1977 à 1981 du théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet à Paris. Avec sa programmation, la musique envahit la scène de ce petit théâtre du 9e arrondissement.

C'est à cette époque qu'il crée avec Danièle Cattand les Lundis musicaux de l’Athénée qui existent encore aujourd’hui. Ce rendez-vous accueille sur la scène du théâtre à l’italienne quelques-unes des plus grandes voix lyriques : Jessye Norman, Ruggero Raimondi, Felicity Lott, Barbara Hendricks, José Van Dam, Kiri Te Kanawa… Sous son impulsion, le théâtre voit l’ouverture d’une petite salle baptisée Christian Bérard sous les combles, un endroit consacré au théâtre d’essai. En 1982, Pierre Bergé laisse le théâtre aux mains du ministère de la Culture et de la Communication et Josyane Horville en prend la direction.

Fort de cette expérience, Pierre Bergé devient président du conseil d’administration de l’Opéra national de Paris en 1988 qu'il marque de son empreinte artistique. En 1994, il quitte la présidence de l’Opéra national de Paris avant d’en devenir président d’honneur.

Son histoire d’amour avec l’opéra ne s’arrête pas là. Il devient mécène de nombreuses productions comme Tannhäuser de Richard Wagner mis en scène par Andreas Homoki en 2004 et préside le Cercle des Amis du Ring suite à la présentation du cycle wagnérien à l’Opéra national de Paris en 2010-2011. Son goût pour la musique ne se limite pas au répertoire lyrique. Grand défenseur des compositeurs d'aujourdhui, c’est lui qui organise les premiers concerts parisiens de John Cage et Philip Glass dans les années 70 au théâtre Edouard VII.

La mode et Yves Saint Laurent

Outre la musique, Pierre Bergé a aussi baigné dans l’univers de la mode. Ancien compagnon d’Yves Saint Laurent, il participe au lancement de sa maison de couture éponyme en 1961 dont il assure la gestion jusqu’en 2002. Jusqu’à son décès il président la fondation Pierre Bergé -Yves Saint Laurent pour la conservation des oeuvres du grand couturier.

En 2009, il reverse une partie d’une vente de la collection de cette fondation, estimée à 375 millions d’euros, pour la recherche contre le SIDA. Pierre Bergé milite pour la cause homosexuelle dès les années 90 et co-créé avec Line Renaud l’association Ensemble contre le Sida, aujourd’hui appelée Sidaction.

Pierre Bergé s’installe dans le monde des médias dans les années 1980, devenant peu à peu omniprésent. A l’origine du développement de l’hebdomadaire Courrier international en 1989, il investit également dans la fondation du mensuel Têtu, mais c’est surtout pour sa présidence du groupe Le Monde qui restera dans les mémoires.

Associé à Xavier Niel et Matthieu Pigasse, Pierre Bergé fonde en 2010 Le Monde libre, holding qui contrôle le groupe Le Monde dont il devient président du conseil de surveillance. En 2014, le trio s'empare également du Nouvel Obs, et annonce un an plus tard la construction d’un nouveau siège regroupant l’ensemble des titres du groupe : Le Monde, Télérama, Courrier international, La Vie, L’Obs et Rue 89.

Grand Mécène des Arts et de la Culture en 2001, Pierre Bergé a aussi été fait Chevalier de la Légion d’honneur par le Ministre de la Culture Jack Lang en 1985 et fut très proche de François Mitterrand.

Pour lui rendre hommage, France Musique rediffuse son entretien avec Elsa Boublil enregistré en juin dans Musique Émoi où il parle de sa passion pour la musique, le chant, l’opéra et ses rencontres avec des grandes personnalités.