Montpellier 2015 : le festival célèbre ses 30 ans avec les musiciens de la génération 1985

Le festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon fête ses 30 ans et invite sept musiciens qui sont nés en même temps que lui, en 1985. On leur a demandé ce que ça faisait de devenir trentenaire.

Montpellier 2015 : le festival célèbre ses 30 ans avec les musiciens de la génération 1985
Solène Païdassi salue le public de la salle Pasteur au Corum de Montpellier. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

Solène Païdassi, violoniste

païdassi génération 1985
païdassi génération 1985

Vous venez de fêter vos 30 ans en mai dernier. Que représente cet âge pour vous ?

J'ai vécu ça comme le franchissement d'une étape, comme quelque chose de nouveau, mais pas du tout comme quelque chose de déprimant. Ma carrière de musicienne connaît une nouvelle énergie. Beaucoup de nouveaux projets arrivent et je n'aurais jamais imaginé pouvoir faire autant de choses lorsque j'avais 20 ans. Je sors enfin de la période très stressante des études, puis des concours.

J'ai participé au concours Reine Elizabeth en mai 2015, j'ai d'ailleurs fêté mon anniversaire pendant la compétition. Il s'agissait pour moi de faire un bilan de ces dix dernières années avant de passer à autre chose.

Maintenant je me sens libérée, j'ai beaucoup plus confiance en moi. Une de mes professeurs de violon, Pamela Frank, avait l'habitude de me dire que si l'on faisait une erreur, on ne tuait personne. C'est quelque chose que je garde à l'esprit et par conséquent je stresse moins et je fais moins d'erreurs.

Que peut-on vous souhaiter pour vos 30 ans ?

De la musique et de belles rencontres, tout simplement. Et de continuer à avancer avec sérénité. C'est drôle d'ailleurs, puisque plus je vieillis plus je me sens rajeunir. Je m'autorise à être moins sérieuse qu'à mes 20 ans, un âge où on travaille énormément quand on veut devenir musicien.

Le festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon fête lui aussi ses 30 ans, que lui souhaitez-vous ?

De toujours rester aussi jeune ! Il y a une vitalité incroyable pendant le festival. Les salles sont pleines à craquer, le public est très mixé. J'ai été invitée à venir jouer ici en 2011, juste après avoir remporté le premier prix du concours Long-Thibaud. Je me rappelle avoir donné cinq concerts en quatre jours, à Montpellier, en milieu rural, etc. J'en garde un excellent souvenir. Fait amusant, David Kadouch (pianiste également invité dans le cadre de Génération 1985, ndlr) et moi venons tous les deux de Nice où nous étions ensemble au conservatoire. C'est génial de se retouver là.

Le duo Bouclier

Julien et Dimitri Bouclier. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)
Julien et Dimitri Bouclier. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

Les frères Dimitri (accordéon) et Julien Bouclier (violon)

Avoir 30 ans, qu'est-ce que ça change dans la vie d'un musicien ?

C'est très différent de nos 20 ans. Nous venons d'ailleurs de fêter nos dix ans de carrière avec le duo et nous nous rendons compte seulement maintenant du chemin parcouru. Nous avons tous les deux terminé nos études et les concours et on se sent libéré. D'ailleurs, c'est à notre tour d'enseigner désormais. Les concours sont utiles pour débuter une carrière mais ce n'est pas le vrai monde de la musique. Nous ne sommes plus à la recherche de la performance pour séduire un jury mais nous voulons simplement procurer des émotions à notre public. C'est certainement ça qui change à 30 ans, on fait le programme que nous voulons, qui nous plaît et le public le ressent.

Votre duo accordéon - violon est plutôt atypique dans le paysage classique actuel, comment vous y prenez-vous pour construire vos programmes de concert ?

Tout d'abord, nous avons eu la chance de travailler avec compositeurs contemporains qui ont écrit des oeuvres pour nous. C'est très gratifiant et nous souhaitons que beaucoup d'autres nous le proposent. Sinon, la grande majorité des oeuvres que nous jouons sont des arrangements ou des transcriptions. Nous avons commencé ce travail très jeunes et cela prend du temps. C'est ce qui explique pourquoi nous ne pouvons pas renouveler notre répertoire aussi rapidement qu'un duo piano - violon par exemple. Nous choisissons en grande partie des morceaux qui ont été composés soit pour accordéon, soit pour violon. Il faut que ce soit un coup de coeur, c'est ce qui nous guide la plupart du temps. Nous sommes d'ailleurs en train d'adapter la Rhapsodie Hongroise n°2 de Liszt et c'est un travail colossal car il s'agit d'une écriture très pianisitique évidemment. Mais on va y arriver !

Comment vous imaginez-vous à 40 ans ?

Avec toujours de plus de concerts, de projets... avec une dimension plus internationale. Nous avons déjà fait quelques dates à l'étranger mais il est encore compliqué de séduire les programmateurs de salles de concerts qui peuvent avoir un peu peur du côté peu courant de notre duo.

Un mot pour les 30 ans du festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon ?

Une très longue vie et de nombreux anniversaires en mulitples de 30 ! Ce festival est vraiment incroyable. L'année dernière, nous y jouions pour la première fois, notamment en région. Cette année, nous nous retrouvons au Corum de Montpellier avec une salle comble, c'est fabuleux. Il y a ici la même chaleur que dans les petits festivals en milieu rural alors que c'est un très grand festival.

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