Michel Portal, Basque et contrebandier

Puzzle en sons et en images autour de Michel Portal, avec le regard d’Alex Dutilh, producteur d'Open Jazz sur France Musique.

Michel Portal, Basque et contrebandier
(©Alain Kokor)

Faire le portrait de Michel Portal, c’est faire une mosaïque. Jazz, musique classique et contemporaine, musiques de films dessinent un parcours fait d’inventions et de rencontres.

Dans ses jeunes années parisiennes, après le Conservatoire, il n’a pas hésité à distiller contrechants et solos ciselés dans les studios qui accueillaient les années d’or deSerge Gainsbourg, Barbara ou Nougaro. Est-ce parce que ce musicien entier, investi body and soul, pourrait être un personnage de cinéma que les réalisateurs ont été aussi nombreux à faire appel à lui ? Ou parce que le doute qui l’habite en permanence en fait un artiste écorché vif et irrésistiblement attachant ?

Du jazz, qui est l’une de ses colonnes vertébrales, il retient avant tout une philosophie de vie. Celle de Miles Davis, Herbie Hancock ou Wayne Shorter : ne jamais regarder dans le rétroviseur, plonger dans l’inconnu, se frotter aux talents émergents, se nourrir de l’inouï pour l’apprivoiser. Il peut prendre le bandonéon avec la grâce d’un ange pour dialoguer avec un accordéoniste, le saxophone alto pour s’ébrouer de ses influences passées ou la clarinette basse parce que son territoire sonore réconcilie le sombre et la gaîté.

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