Michel Plasson, une vie pour la musique française

Vendredi 16 juin, France Musique consacre sa journée au chef d’orchestre Michel Plasson, à l’honneur du 29e Festival International de Colmar. Portrait de l’une des plus grandes figures de la musique française.

Michel Plasson, une vie pour la musique française
Le chef d'orchestre Michel Plasson, à l'honneur sur France Musique vendredi 16 juin, © Maxppp / Nathalie Saint-Affre

35 ans à la tête de l’Orchestre du Capitole de Toulouse, quelques années à Dresde, et une vie entière presque intégralement vouée à la musique, et plus particulièrement à la musique française. Vendredi 16 juin, France Musique consacre sa journée à Michel Plasson, à l’honneur du Festival de Colmar. Invité de la matinale de Saskia de Ville et du Carrefour de Lodéon, cette journée sera également l’occasion de flâner dans l’immense richesse de sa discographie.

Né le 2 octobre 1933 à Paris, élève au conservatoire, percussionniste (il a joué sous la direction de Pierre Monteux, Charles Munch, ou encore Otto Klemperer), Michel Plasson remporte le premier prix au Concours de chef d’orchestre de Besançon en 1962. Par la suite, il ne quittera plus le pupitre de direction.

A la recherche du « son français »

« La musique française, c’est la musique du bonheur », se plaît-il à dire. Le nom de Michel Plasson est associé à ce répertoire autant qu’à l’instrument qu’il a façonné pour en assurer sa promotion : l’Orchestre du Capitole de Toulouse. De 1968 à 2003, il donne à l’orchestre ses lettres de noblesse, et l’accompagne en 1974 dans sa nouvelle demeure, la Halle aux Grains, jusque là consacrée aux combats de catch. C’est avec la phalange toulousaine qu’il enregistre des disques appelés à rester gravés dans les mémoires : Carmen de Bizet et Roméo et Juliette de Gounod avec Angela Gheorghiu et Roberto Alagna, Les Pêcheurs de Perles avec Barbara Hendricks… et une non moins considérable oeuvre orchestrale, de Berlioz à Ravel en passant par Chabrier.

A Toulouse comme à Paris, Michel Plasson traverse le temps, dirige Platée de Rameau à la Salle Favart en 1977, crée en 1985 Montségur, opéra de Marcel Landowski dans une mise en scène de Nicolas Joël, alors directeur général du Capitole. C’est d’ailleurs ce même Nicolas Joël, devenu directeur de l’Opéra national de Paris, qui le fait venir à Bastille 30 ans plus tard pour diriger Werther de Massenet avec Jonas Kaufmann.

Son amour pour la musique française est sans limite, au point de déclarer dans un entretien avec Renaud Machart pour le journal Le Monde, en 2003 : « Beaucoup m’imaginent avec une baguette de pain sous le bras et un béret sur la tête. Je défends cette musique parce que je me dois de la défendre mais surtout parce que je l’aime ». C’est donc assez logiquement qu’il fonde, en 2010, sur ses terres dans l’Hérault, une Académie internationale de musique française, où enseignent José Van Dam, Natalie Dessay, Roberto Alagna, Ludovic Tézier ou encore Michel Sénéchal.

L’investissement pédagogique de Michel Plasson ne le détourne pas de la direction d’orchestre. Aujourd’hui âgé de 83 ans, il est le chef principal de l’Orchestre symphonique national de Chine, et dirigera, au 29e Festival international de Colmar, l’Orchestre national philharmonique de Russie dans la 2e symphonie de Dutilleux, le Boléro et le Concerto pour la main gauche de Ravel (avec le pianiste François-René Duchable) le 5 juillet prochain, et la Damnation de Faust de Berlioz le 8 juillet.