Mères de compositeurs célèbres

Elles s’appelaient Saint-Saëns, Mozart, Mendelssohn… Et ont souvent mis leurs enfants sur la voie de la musique. Mais qui sont les mères des compositeurs célèbres ? Petits portraits, à l’occasion de la fête des mères.

Mères de compositeurs célèbres
fête des mères

Il est souvent plus aisé de trouver des éléments biographiques sur les pères des compositeurs célèbres que sur leur mère. Symboliquement réduites au statut de génitrices (par rapport au père qui porterait l’ambition musicale de son enfant), on oublie trop à quel point leur éducation musicale, ou tout simplement leur soutien, put être déterminant dans la vie des « Grands » de la musique.

inside article : saint saens
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Née à Wassy (haute-Marne) le 27 mars 1809, Françoise Clémence Collin épouse Jacques Joseph Victor Saint-Saëns le 24 novembre 1834, et donne naissance à Camille le 9 octobre 1835. Veuve très tôt (le père de Camille Saint-Saëns meurt de tuberculose trois mois après sa naissance), Clémence Saint-Saëns confie l’apprentissage de son fils à la musique à la grand-tante de ce dernier, Charlotte Masson, chez qui ils vivent, alors qu’elle-même peignait et vendait ses toiles.

De nombreuses sources soulignent les liens forts qui existaient entre mère et fils. Selon Albert Legrand, ancien conservateur du musée Saint-Saëns, Clémence Saint-Saëns fit le choix pour son jeune fils de privilégier les études aux concerts. Plus tard, elle l’encourage, le soutient lorsqu’il est en voyage, l’aide financièrement à partir en Angleterre pendant la Commune de Paris…

Ce soutien est parfois dur, comme en témoigne cette anecdote : en 1872, Camille Saint-Saëns compose sa première sonate en ut mineur pour violoncelle et piano. Réuni pour écouter l’œuvre, l’entourage du compositeur s’enthousiasme à la première écoute, à l’exception de sa mère, qui déclare à son fils que le finale est exécrable. Camille Saint-Saëns en révisa la partition pendant huit jours pour que sa mère en soit finalement satisfaite…

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Comme Clémence Saint-Saëns, Victoire Lemarchois a élevé seule un compositeur : Charles Gounod. Née en 1780, son époux, le peintre François-Louis Gounod, décède alors que leur fils Charles n’a que 5 ans. Elle-même née dans une famille mélomane, et professeur de piano dès l’âge de 11 ans, c’est Victoire Lemarchois qui initia Charles Gounod à la musique.

Les liens entre Charles Gounod et sa mère étaient forts. Le compositeur écrivit un jour à sa fiancée Anna Zimmerman « Aimez-la bien, car elle m’a tant aimé que nous ne serons pas trop de deux pour le lui rendre ». Elle semble avoir toujours soutenu son fils dans ses choix, et, selon une anecdote, c’est elle qui aurait glissé le Faust de Goethe dans les bagages de son fils en partance pour l’Italie.

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Anna Maria Mozart ne se contenta pas de donner naissance à l’un des plus célèbres compositeurs de l’histoire de la musique, elle l’épaula jusqu’à sa mort avec son mari Leopold. Son père, homme de loi, était mélomane et a chanté en soliste pendant ses études.

Selon Hermann Albert, biographe de Mozart, prenant appui sur les lettres conservées, le compositeur trouvait refuge chez sa mère lorsque son père était trop dur. Elle l’accompagna aussi lorsque Leopold ne pouvait quitter Salzbourg. C’est justement lors d’une tournée à Paris que, prise de fièvres, elle s’éteignit le 3 juillet 1778. Ses obsèques eurent lieu à Saint-Eustache, et son corps fut inhumé dans le cimetière de l’église.

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Née en 1746 d’un cuisinier de l’Archevêque-Electeur de Trèves, Maria Magdalena Keverich épouse à 16 ans un certain Johann Laym qui meurt deux ans plus tard. C’est en secondes noces qu’elle se lie à Johann van Beethoven, musicien et ténor à la cour de l’Electeur de Cologne. De cette union malheureuse – le mari est décrit comme brutal et alcoolique – naissent sept enfants, dont Ludwig. Selon Gottfried Fischer, voisin des Beethoven, Maria Magdalena van Beethoven était une mère aimante, très sérieuse et effacée.

Ludwig van Beethoven était à Vienne lorsqu’il apprit de son père que sa mère était très malade. Atteinte de la tuberculose, il la trouva très affaiblie, et assista à ses dernières semaines. Plus tard, le compositeur écrivit « Elle était une bonne et aimante mère pour moi, ainsi que ma meilleure amie ».

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Mère de deux compositeurs : Fanny Mendelssohn Hensel et Felix Mendelsshon Bartholdy, Lea Mendelssohn est née le 15 mars 1777 à Berlin. Elevée dans une famille mélomane, elle apprend très jeune le piano, qu’elle enseignera ensuite à ses enfants. Mais Lea Mendelssohn ne limita pas son influence musicale au seul cercle familial, elle accueillit aussi avec son époux, le banquier Abraham Mendelssohn Bartholdy, de nombreux musiciens dans ses salons musicaux.

Issue de la famille Itzig – une famille juive importante dans la vie musicale allemande des XVIIIe et XIX siècles, notamment liée à CPE Bach – Lea Mendelssohn ouvre ses enfants à la musique de Bach, de Mozart, de Haydn… Qu’elle fait jouer lors des « Soirées musicales d’hiver » puis lors des concerts du dimanche. Une façon non seulement de défendre une esthétique, mais aussi de développer un réseau de diffusion de la musique, dont ses enfants bénéficient.

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