Mediacités épingle le train de vie du directeur de l'Opéra de Lyon Serge Dorny

Dans une enquête publiée ce mercredi 10 mai sur le site Mediapart, Mediacités dévoile la "vie de diva" de Serge Dorny, directeur de l'Opéra de Lyon. 3 500 copies de notes de frais, fournies par des employés de l'institution, ont été étudiées.

Mediacités épingle le train de vie du directeur de l'Opéra de Lyon Serge Dorny
Mediapart dévoile la "vie de diva" du directeur de l'Opéra de Lyon, Serge Dorny, © Maxppp / Sebastian Kahnert

Chaud et froid : alors que l'Opéra de Lyon recevait il y a quelques jours le prix de la « Meilleure Maison d'Opéra » aux International Opera Awards 2017, aujourd'hui, son directeur Serge Dorny est dans la tourmente. Mercredi 10 mai, dans une grande enquête intitulée La vie de diva du directeur de l'opéra de Lyon, le journal en ligne d'investigation locale Mediacités - publié par son partenaire Mediapart - épingle les notes de frais du directeur de l'institution entre 2013 et 2015.

644 euros pour un dîner avec le chef Kazushi Ono et son épouse, cinq nuit à 2 145 euros en Relais et châteaux à une heure du Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence... En tout, Nicolas Barriquand de Mediacités situe entre 8 000 et 8 500 euros les frais engagés par Serge Dorny chaque mois. Derrière les notes de frais liées à sa fonction de directeur, les journalistes pointent des sommes difficilement imputables à ce statut, comme un voyage de près d'une semaine à Donetsk (Ukraine), Moscou (Russie), Minsk (Biélorussie) et Francfort-sur-le-Main (Allemagne) pour près de 4 000 euros avec pour seule justification un rendez-vous avec le directeur de l'opéra de Francfort.

En tout, ce sont 3 500 documents qui ont été étudiés par les journalistes, photographies de notes de frais prises « par des employés de l'opéra excédés par leur hiérarchie et « les privilèges »que s'accorde, à leurs yeux, leur directeur ». Une exaspération qui serait liée aux récentes coupes budgétaires, et à leurs répercussions sur l'Opéra de Lyon. Le site Mediacités publie d'ailleurs un autre article sur le Malaise social persistant à l'opéra.

Les années 2013, 2014 et 2015, auxquelles se rapportent les notes de frais, correspondent à une période agitée pour l'institution lyonnaise et son directeur. Nommé en septembre 2013 à la tête de l'opéra de Dresde, Serge Dorny en est renvoyé quelques mois plus tard, avant même sa prise de fonction. S'en suit une double bataille pour lui : d'un côté contre l'Etat de Saxe qui l'a licencié (procès remporté en juillet 2016) et d'un autre côté pour regagner la confiance des salariés de l'Opéra de Lyon, qui dénonçaient dans une lettre ouverte en 2014 l'incapacité de Serge Dorny « d'instaurer des relations humaines saines et fructueuses ».

Maintenu à la tête de l'institution grâce à la confiance accordée par la mairie de Lyon, principal soutien financier de l'institution, Serge Dorny s'était engagé à « apporter l'attention qui s'impose ». Pour les journalistes de Mediacités « Trois ans plus tard, le malaise demeure ».