Maria Callas revient sur scène, 41 ans après sa mort, grâce à un hologramme

Maria Callas la divine est morte le 16 septembre 1977 à Paris. Plus de quarante ans après, le public peut de nouveau la voir et entendre la voix de grâce à un hologramme qui fait une tournée à Paris et à Lyon.

Maria Callas revient sur scène, 41 ans après sa mort, grâce à un hologramme
Maria Callas en hologramme., © Base Holograms 2018/LLC

La salle Pleyel est pleine à craquer ce mercredi 28 novembre 2018. Tous attendent ce concert un peu particulier intitulé Maria Callas : la tournée hologramme. Le rideau se lève sur un orchestre d’une soixantaine de musiciens. Puis Maria Callas, ou plutôt son hologramme, arrive sur scène dans une robe longue blanche. 

Elle salue, assez longtemps pour que le public ait fini d’applaudir, se tourne vers la cheffe d’orchestre écossaise Eimear Noone, et se met à chanter, accompagnée par l’orchestre. 

Pour que tout soit bien synchronisé, la société Base Hologram, à l’origine du projet, a imaginé un procédé spécifique. « C'est une comédienne dont on a capté les mouvements en numérique. Des mouvements inspirés de la gestuelle, de l'attitude qu'avait Maria Callas sur scène. Puis on a superposé des images d'archives remasterisées et colorisées de la chanteuse sur les mouvements de la comédienne », explique Romain Martinière, responsable de la communication chez uGo&Play, producteur du concert. 

Ce que le public voit sur scène n’est donc pas la vraie Maria Callas mais la projection d’une comédienne qui joue son rôle. Côté musique, le travail est tout aussi important : « Ils ont été contraints de dissocier les enregistrements originaux pour isoler la voix de Maria Callas et la diffuser sans l'orchestre, ce qui est une prouesse au niveau de l'acoustique pour arriver à détacher sur une bande ancienne juste sa voix », poursuit Romain Martinière.

Au-delà du challenge du répertoire en soi, le plus difficile c'est vraiment la synchronisation. 

L’orchestre doit donc jouer en parfaite synchronisation avec la voix enregistrée et diffusée pour qu’il n’y ait pas de décalage. C’est la partie la plus difficile à réaliser selon la cheffe Eimear Noone : « Au-delà du challenge du répertoire en soi, le plus difficile c'est vraiment la synchronisation. On ne peut pas respirer ensemble, se regarder, se donner des clés via des regards, des mouvements… Ou on ne peut pas s’arrêter ou faire des erreurs ! ».

Pour être bien dans les temps, les musiciens et la cheffe sont équipés d’oreillettes et ont fait de nombreuses répétitions pour s'accommoder à l’interprétation de La Callas. Cet effet de connexion entre l’hologramme et l’orchestre est renforcé par une discrète mise en scène. A chaque fin d’air, la divine se tourne vers la cheffe en souriant, ou vers le premier violon. Les échanges de regard fictifs sont bien présents.

C'est assez étrange d’applaudir une morte

A la sortie du concert, Monique, venu avec sa fille, partage son enthousiasme : « Je suis émerveillée… Sur le plan technique et sur le plan musical. Il faut dire qu’elle avait une voix inégalable, elle reste dans l’histoire… Mais tant d’années après, qu’on puisse assister à un concert comme celui-ci, c’est incroyable. » Un peu plus loin Gérard, avec sa femme, se dit un peu troublé : « C'est assez étrange d’applaudir une morte… Ensuite, on aurait aimé que la cheffe d’orchestre passe la main sur elle, pour que les spectateurs voient ce qu’il se passe… On se pose des questions. Mais techniquement c’est fabuleux ! ».

Maria Callas : la tournée hologramme à Paris le 30 novembre et à Lyon le 1er décembre.