Licenciements et abandon de la danse au Théâtre de la Monnaie

Le plan d’austérité du nouveau gouvernement belge pousse le directeur du Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Peter de Caluwe à abandonner les spectacles de danse, et à supprimer 16 emplois.

Licenciements et abandon de la danse au Théâtre de la Monnaie
Théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles (©Corbis)

Il attendait 34,8 millions d’euros, mais n’en recevra finalement plus qu’à peine 33. Le directeur du Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Peter de Caluwe a annoncé mardi 16 décembre à la presse les mesures d’économies prises par l’institution pour répondre au programme d’austérité du gouvernement fédéral.

La première mesure concerne les salariés de l’institution : seize suppressions d’emplois, dont cinq licenciements secs. La seconde touche à la programmation : diminution du nombre de productions, qui passeront à sept ou huit par saison (contre neuf ou dix habituellement), et disparition pure et simple de la programmation de danse. Abandonné, le cycle Monteverdi dirigé par René Jacobs prévu en 2016. Abandonnée aussi, la nouvelle production de L’opéra de quat’sous. Une situation d'autant plus compliquée que, comme le note le directeur, "en jouant moins, on va également enregistrer moins de recettes ".

Les économies exigées au Théâtre de la Monnaie concernent avant tout les frais de fonctionnement. La baisse attendue est de l’ordre de 15% dans un premier temps, mais se poursuivra par de nouveaux efforts dont le montant « devrait finalement avoisiner les 480 000 euros, pour les quatre années à venir » selon le quotidien national http://Le Soir.

La fin des spectacles de danse met un terme à la belle aventure menée par la Monnaie avec la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, directrice de la danse, dont une création reste néanmoins programmée… Une dernière danse pour la maison bruxelloise, amie intime du « Ballet du XXe siècle » et de son fondateur Maurice Béjart, et protectrice – jusqu’à présent – de la compagnie Rosas…

Directeur général-intendant de la Monnaie depuis 2007, Peter de Caluwe avait déjà alerté, par la publication d’une « carte blanche » en octobre dernier, l’opinion publique d’un possible « black-out culturel fédéral ». En cause : la politique d’austérité du gouvernement fédéral belge, coalition de libéraux, de démocrates-chrétiens flamands et de nationalistes flamands, conduite par le Premier ministre Charles Michel, membre du Mouvement réformateur. Peter de Caluwe commentait ainsi la nouvelle politique :

« Si d’aucuns pensaient que les réductions des subsides flamands étaient démesurées, attachez vos ceintures, car voici les mesures prises par le gouvernement fédéral fraîchement intronisé. Un vrai massacre. ».

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