Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois face à des difficultés financières

La justice doit rendre sa décision le 13 juin prochain entre les trois projets de reprise des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, qui font face à d'importantes difficultés financières.

Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois face à des difficultés financières
Créée en 1906, l'association des Petits Chanteurs à la Croix de Bois accusent un déficit de 1,9 millions d'euros. (© MaxPPP)

Créés en 1906, les Petits Chanteurs à la Croix de Bois (PCCB) doivent actuellement faire face à de graves difficultés financières. L'association, basée au château de Brienon-sur-Armançon dans l'Yonne, est en cessation de paiement et accuse un passif d'environ 1,9 million d'euros selon son délégué général Marc Ladefroux. Pour le responsable de la manécanterie, les difficultés ont commencé en 2009 quand un conflit avec l'administration a éclaté concernant la rémunération des choristes.

Nouvelle passe d'armes avec l'inspection du travail en 2013 qui a imposé deux jours de repos hebdomadaires aux jeunes chanteurs. "Il y a un côté ahurissant parce que la réglementation n'a pas changé mais avec les mêmes lois, on nous a interdit ce que nous autorisait auparavant ", fustige M. Ladefroux.

Avec ces nouvelles obligations, les Petits Chanteurs donnent près de quinze représentations en moins par an, quand les concerts et la vente de CD génèrent 70% de leur budget. "Nous subissons aussi la crise dans le spectacle vivant avec une érosion des recettes ", fait valoir le délégué général.

Rassurant, M. Ladefroux affirme cependant "ne jamais avoir craint " la disparition de la manécanterie, qui accueille actuellement 73 pensionnaires de 8 à 15 ans. "C'est une structure qui a 107 ans, avec une forte notoriété dans le monde ", souligne-t-il.

La justice tranchera

Trois projets de reprise vont être étudiés vendredi matin par le tribunal de grande instance de Sens. Le premier est porté par des parents d'élèves qui souhaitent conserver le site actuel, le deuxième émane de la maîtrise de la cathédrale d'Autun (Saône-et-Loire) et le troisième est soutenu par le lycée privé parisien Saint-Sulpice.

"Le représentant des créanciers, l'administrateur judiciaire et le président actuel de la manécanterie, Pierre Traversac, ont exprimé une préférence pour Autun ", a déclaré à l'issue de l'audience le délégué général des PCCB, Marc Ladefroux.

"Le procureur de la République a mis en avant le projet de Paris qui est le mieux disant sur le plan financier ", a poursuivi M. Ladefroux, ajoutant que le projet des parents d'élèves était "insuffisamment abouti ". L'une des porteuses du projet des parents, Nathalie Pouteau s'est dite "plutôt déçue " après l'audience.

"Notre projet ne paraît pas assez solide financièrement mais nous avons défendu notre point fort, qui est d'être dans la continuité et la tradition ", a-t-elle dit.

Créée par deux étudiants - dont le grand-père de la chanteuse France Gall -, cette maîtrise d'enfants était à l'origine consacrée à la musique religieuse avant d'élargir dès les années 1920 son répertoire aux chansons populaires.

Avec AFP