Les opéras en région, créateurs de richesse

Les Forces Musicales, syndicat professionnel des employeurs du spectacle vivant, présentait mercredi 13 décembre les résultats d’une étude inédite sur les opéras en région. Une importante photographie du milieu qui permet de mieux appréhender leur rayonnement culturel et économique.

Les opéras en région, créateurs de richesse
L'Opéra de Rennes, actuellement dirigé par Alain Surrans, président du syndicat professionnel Les Forces Musicales, © Photo12 / Gilles Targat

Deux années de travail ont été nécessaires pour recueillir les données concernant 20 maisons d’opéras et deux festivals d’art lyrique : Aix-en-Provence et les Chorégies d'Orange. Etude d’une ampleur inédite puisqu’elle a été construite à partir de 12 000 questionnaires et qu'elle permet de dessiner un portrait socio-économique du milieu. Alain Surrans, président des Forces Musicales et directeur de l’Opéra de Rennes et très prochainement nouveau directeur d’Angers-Nantes Opéra, explique en introduction la raison d'une telle étude : « Nous avons entendu tellement de choses au sujet des maisons d’opéra que nous avons donc eu envie de savoir ce qu’étaient réellement nos entreprises ».

Ce rapport présente une synthèse nationale de la réalité des opéras en région et une version propre à chaque maison a également été restituée aux intéressés. Julien Farama, directeur de l’étude confiée au cabinet Traces TPI, évoque un travail « assez ambitieux » puisque chaque institution possède un mode de gestion et de financement qui lui est propre et qu’il a donc fallu compiler énormément de données pour arriver à un résultat représentatif.

Les opéras, créateurs de richesse

Premier enseignement de cette étude, les opéras en région représentent un poids économique de l’ordre de 414 millions d’euros an niveau national, dont 360 M€ directement des opéras et des festivals et 54 M€ par les spectateurs et les artistes. Les retombées économiques, c'est-à-dire les flux économiques extérieurs rendus possibles par la présence de l'opéra, sont estimées à 168 M€. Le secteur des opéras de région, bien que subventionné en moyenne à hauteur de 77% de leurs budgets, est donc créateur de richesses. En effet, l’étude estime que si en moyenne, un billet coûte 23 euros au spectateur, ce dernier dépensera en moyenne 29 euros supplémentaires pour se restaurer, se loger.

Un mécanisme que l’on peut également simplifier comme suit : pour 1€ de subvention locale, 1,33€ est injecté par l’opéra au sein du tissu économique local. Et pour 1€ dépensé en billetterie, les spectateurs dépensent 1,20€ dans les commerces locaux.

L’étude a également pris en compte les retombées économiques générées par les artistes engagés pour une série de représentations. 3 400 artistes cumulés qui souvent se logent à leurs frais et qui restent sur place entre trois semaines et 2 mois. Une présence qui représente 100 000 nuitées et 6,2 M€ de dépenses sur les territoires.

Un public plus jeune qu'escompté

Autre enseignement important de l’étude, la composition des publics. Les opéras accueillent en moyenne 2 millions de spectateurs par an, dont 180 000 en catégorie jeune public. L’âge moyen du spectateur est d’ailleurs plus jeune que ce qu’on pouvait penser : 51 ans et demi en moyenne. Les moins de 30 ans représentent 19% du nombre total de spectateurs.

On y comprend également les mécanismes principaux qui poussent les publics à franchir les portes des maisons d’opéra puisque 7 spectateurs sur 10 ont déjà invité une personne de leur entourage à assister à une représentation. On vient principalement à l’opéra en couple (35%) mais aussi entre amis (27%) puis en famille (21%). Autre donnée surprenante, 44% des spectateurs n’habitent pas dans l’agglomération de l’établissement lyrique.

Des spectateurs touristes qui sont 60% à loger à l’hôtel lorsqu’ils viennent assister à un spectacle et restent deux nuits en moyenne, ce qui représente au niveau national 160 000 nuitées touristiques générées directement par des opéras et des festivals. Cela démontre également une forte attractivité touristique puisque 57% des spectateurs touristes ne seraient pas venus dans la ville sans la présence de l’opéra. L’enseignement principal de l’étude est donc que lors d’un spectacle, les dépenses au sein des commerces locaux sont supérieures au prix du billet.

Enfin, ce rapport pointe l’importance du secteur en termes d’emploi. Les opéras et festivals d’art lyrique en région représentent 12 730 emplois, soit 4 513 équivalent temps plein. 76% d’entre eux sont domiciliés dans le département de l’opéra et participent donc à la redistribution de a masse salariale sur le territoire. Les Forces Musicales précisent que les structures qu’elles représentent sont la « deuxième organisation d’employeurs du spectacle vivant en termes de masse salariale, et la première en termes d’emplois artistiques permanents ».