Les musiciens de Radio France investissent les gares SNCF

Après la signature d’un partenariat entre Radio France et la SNCF, des musiciens de l’Orchestre national de France ont joué dans la gare de l’Est à Paris pour la première performance musicale d’une série à venir.

Les musiciens de Radio France investissent les gares SNCF
Le quatuor à cordes issu de l'Orchestre national de France joue dans un wagon de train à la gare de l'Est, © Radio France / Christophe Abramowitz

En septembre dernier, Radio France et la SNCF signaient un partenariat inédit. Le groupe de transports publics annonçait la prise en charge des déplacements des musiciens des formations de Radio France lors de concerts en région, et en contrepartie, des happenings musicaux seraient organisés dans les gares ou les trains. Ce jeudi 14 décembre, la gare de l'Est à Paris a connu la première performance d’une série qui en comptera 16.

Si l’organisation demande encore à être peaufinée, il y avait tout de même une idée sympathique dans le fait de présenter un quatuor à cordes issu des rangs de l’Orchestre national de France dans un wagon de train. Pas n’importe quel train puisqu’il s’agissait du « train du climat » qui vogue de gare en gare et propose une exposition sur les enjeux et les solutions pour limiter le changement climatique.

Installés dans le wagon « conférences », les musiciens ont interprété un extrait de la Petite musique de nuit de Mozart ainsi que les Quatre saisons de Vivaldi. Légèrement isolés au sein de la gare, puisque le train était situé sur la voie la plus à droite de la gare de l’Est, les musiciens ont tout de même réussi à faire venir à eux une quarantaine de spectateurs. Chose touchante, le premier violon, Nicolas Vaslier, prend la parole pour présenter ce que lui et ses consœurs vont jouer. Il prend également la peine de lire avant chaque mouvement des Quatre saisons, le poème qui a inspiré Vivaldi dans sa composition.

Disposés au centre du wagon avec du public disposé de chaque côté, les musiciens entament leur concert malgré l’imposant souffle du chauffage. Condition sine qua none pour que les instruments ne souffrent pas trop de la température et de l’humidité parisienne en ce mois de décembre. Certains spectateurs optent pour les sièges situés à l’arrière du wagon parce que, SNCF oblige, un train les attend avant la fin prévue du concert.

De gauche à droite : Ingrid Lormand (alto), Marlène Rivière (violoncelle), Nicolas Vaslier (violon) et Laurence Des Vescovo (violon), tous musiciens à l'Orchestre national de France
De gauche à droite : Ingrid Lormand (alto), Marlène Rivière (violoncelle), Nicolas Vaslier (violon) et Laurence Des Vescovo (violon), tous musiciens à l'Orchestre national de France, © Radio France / Christophe Abramowitz

On sent également que les musiciens ont affaire avec un public peu habitué des concerts classiques puisqu'il applaudit entre chaque mouvement. Un élan de sincérité touchant puisque cela permet de se rendre compte que l’objectif de ces performances musicales est atteint : amener la musique classique dans un lieu insolite à destination d’un public le plus large possible.

Nicolas Vaslier, le premier violon de ce quatuor issu de l’Orchestre national de France ne boude pas son plaisir : « C’est vraiment très plaisant de venir partager de la musique. C’est très différent des concerts, il s’agit vraiment d’un partage. Nous nous situons plus dans la pédagogie ». Interpellé par des spectateurs à la fin du concert, le violoniste prend un plaisir non feint à répondre à des questions toutes simples : « Vous vous êtes entraînés combien de temps avant le concert ? » ou « vous êtes professionnels ? ».

C’est le but de ces instants musicaux impromptus, provoquer une rencontre avec un public qui ne s’y attend pas et lui apporter la puissance de la musique classique en toute simplicité. François Objois est en charge des actions culturelles à la SNCF, il salue la portée symbolique de ce partenariat : « Nous souhaitons proposer un accès à la musique à tous les français, pas seulement aux usagers de la SNCF. Ce partenariat permet de faciliter l’accès à la culture à tous. En prenant en charge les déplacements des musiciens de Radio France, nous amenons la culture et la musique classique au cœur des territoires ».

François Objois précise que d’autres projets sont à venir dans le cadre de ce partenariat bien que les conditions de sécurité puissent compliquer leur organisation. Le prochain rendez-vous est déjà fixé le 28 janvier 2018 lors du festival d’Angoulême où plusieurs musiciens de l’Orchestre national de France devraient jouer des grands thèmes de polars au cinéma.