Les harpistes français en nombre au Concours international de musique de l'ARD

8 harpistes sur les 24 engagés dans le Concours international de musique de l'ARD de Munich sont français. Retour sur les raisons de cet histoire d'amour entre l'hexagone et l'instrument.

Les harpistes français en nombre au Concours international de musique de l'ARD
harpe MEA

Le Concours international de musique de l'ARD, le groupe public de télévisions et radios régionales allemand, qui se tient actuellement à Munich est consacré à 4 catégories instrumentales pour cette édition 2016 : la contrebasse, le cor d'harmonie, la harpe et le quatuor à cordes. Chaque catégorie accueille des candidats venus du monde entier dont une grande partie venant de Chine, de Corée du Sud ou du Japon. Les pays asiatiques excellent généralement dans la préparation de leurs élèves pour les grands concours internationaux. Mais une catégorie instrumentale échappe à la règle cette année : celle de la harpe.

Sur les 24 instrumentistes retenus pour le premier tour, 8 sont français. Proportion encore plus parlante : 5 français se sont qualifiés pour le second tour qui se tient vendredi 2 septembre pour un total de 13 candidats. Rarement instrument n'aura connu une telle représentation française lors d'un concours international. Se pose alors la question de la réalité d'une "école française de harpe", au même titre que fût celle de violoncelle de l'époque romantique à la fin de la première moitié du XXe siècle.

Un rapide coup d'oeil dans l'historique de l'instrument nous apprend que les grandes figures de la harpe étaient principalement françaises. De Lily Laskine, la grande harpiste du XXe siècle qui fût la première femme à intégrer l'Orchestre de l'Opéra de Paris et qui participa à la création du Boléro de Ravel, à Emmanuel Ceysson et Xavier de Maistre, deux des plus grands et médiatiques harpistes mondiaux, en passant par Catherine Michel et Isabelle Moretti, les français ont su se rendre indispensables à tous les niveaux.

Tous ces grands harpistes ont un ancêtre commun : Alphonse Hasselmans. Celui qui fût compositeur et professeur au Conservatoire de Paris de 1884 en 1912, eut dans sa classe les harpistes les plus influents et renommés : Lily Laskine, Pierre Jamet, Marcel Tournier, Marcel Grandjany, Henriette Renié, etc. Ceux-là qui à leurs tours ont enseigné et contribué à diffuser le savoir-faire français à travers le monde.

C'est Marcel Grandjany qui créa et dirigea la classe de harpe à la Juilliard School de New York ou c'est Xavier de Maistre qui fût le premier français à intégrer le prestigieux Orchestre philharmonique de Vienne. C'est également en France que l'instrument dans sa forme classique et avec pédales est inventée par Sébastien Erard en 1815, une paternité qui fera les belles heures de la lutherie française au XIXe siècle. Auparavant, la reine Marie-Antoinette, elle-même harpiste importa en France son goût pour l'instrument à cordes et le transmis à sa cour. On peut également rappeler l'importance de la harpe comme instrument d'orchestre chez Debussy ou Ravel.

Rien ne peut expliquer clairement pourquoi la harpe se porte si bien en France mais cette bonne santé permet néanmoins de nous apporter de la satisfaction d'un savoir-faire à la française.

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