Les Ebène au Kenya, épisode 1 : Le concert à Nairobi

Depuis un an le Quatuor Ebène parcourt le monde pour jouer et enregistrer l’intégralité des quatuors à cordes de Beethoven sur les 6 continents. Du 4 au 11 décembre, 2019 les musiciens étaient à Nairobi, au Kenya, et donnaient leur tout premier concert en Afrique.

Les Ebène au Kenya, épisode 1 : Le concert à Nairobi
Les Ebènes sur la scène de l'Alliance française, © Sofia Anastasio

Répétitions dans l’Auditorium de l’Alliance française de Nairobi au Kenya. C’est sur la scène de cette petite salle de deux cents places, décorée d’une guirlande de notes de musique, que le Quatuor Ebène donnera un concert quelques heures plus tard dans le cadre de son projet Beethoven Around The world

Une soirée qui affiche complet avec au programme les quatuors opus 18 n°4 , opus 18  n°5 et l’opus 135 de Beethoven. Leur présence au Kenya est un honneur pour Cédric Taurisson, directeur de l’Alliance française de Nairobi : « Pour nous c’est une fierté de se retrouver sur cette tournée, aux cotés de grandes salles. Je suis très content qu’on sorte un peu des sentiers battus et qu’on vienne aussi dans d’autres territoires ». 

Si l'Afrique reste un continent où « l’offre en classique est assez faible, surtout si l’on compare à l’Europe ou l’Amérique du Nord », déclare Cédrice Taurisson , « il y a tout de même au Kenya un pratique de la musique classique avec des orchestres classiques dans les universités et des écoles de musique ». Il en profite tout de même pour lancer un appel aux musiciens « Osez ! Osez venir sur le continent Africain ! »

« Une génération grandissante de jeunes musiciens » 

Dans le public ce soir-là, des membres de la communauté diplomatique, et dans les allés, plusieurs étuis de violons appartenant à de jeunes musiciens. Ils sont nombreux à venir assister au concert, comme l’explique David Ralak, premier violon du Nairobi String Quartet : « Ce qui est drôle c’est que la plupart de ces jeunes qui portent des instruments ont juste traversé la rue parce qu’ils viennent du Conservatoire du Kenya qui est juste en face ». 

David Ralak explique qu’il y a « une nouvelle génération grandissante de musiciens classique dans le pays » et une offre de concerts « mais pas de cette qualité. Trois quatuors dans un même concert, je n’avais jamais vu ça avant, c’était intense ». 

L'altiste Marie Chilemme en coulisses
L'altiste Marie Chilemme en coulisses, © Sofia Anastasio

Après la représentation, plusieurs de ces jeunes musiciens sont venus saluer les membres du Quatuor Ebène en coulisses, leur demander des autographes, mais aussi des conseils. C'est le cas de la violoncelliste Masala Sefu : « Je suis tellement heureuse d’être venue, j’ai l’impression que ma vie a littéralement changé. C’est incroyable, leur alchimie, la dynamique, la façon dont ils se regardent quand ils jouent. Mon cœur est si heureux, j’ai l’impression qu’il va exploser ».  

« Ça nous a un peu remis à l’essentiel »

C’est la première fois que le Quatuor Ebène se produit sur le continent Africain. « Ca fait des années qu’on veut venir ici », affirme le premier violon Pierre Colombet, à peine sorti de scène. « Même si cette salle n’est pas forcément dédiée à la musique classique, avec une acoustique très sèche, on se sentait vraiment en communion avec le public et ils nous ont portés. » 

« Ça nous a un peu remis à l’essentiel », déclare de son côté l'altiste Marie Chilemme. « On a passé toute la journée à travailler et là, recevoir l’énergie du public, les ondes, ça nous remet un peu à notre place, c’était super ». 

C’est avec Milestones de Miles Davis que le quatuor a terminé son concert, avant de revenir dès le lendemain à Beethoven dans le cadre de l’enregistrement de l’intégrale des quatuors du compositeur. 

Le reportage de Sofia Anastasio à écouter dans ce Classique Info du 24 décembre