Les dates de 5 symphonies de Mozart seraient fausses

Un expert britannique vient de découvrir que cinq symphonies composées par Mozart seraient mal datées. Elles correspondent à l’une des plus importantes périodes de la vie du compositeur.

«Cette découverte change notre compréhension de son travail de composition à cette période », a déclaré le chercheur britannique John Arthurdans le Guardian. Il est vrai que la découverte a son importance : selon l’expert, cinq des nombreuses symphonies de Wolfgang Amadeus Mozart sont mal datées. Les oeuvres concernées correspondent à une période précise : de 1773 à 1774, quand le compositeur n’a alors que 17 - 18 ans.

Les cinq symphonies mal datées sont les suivantes :

La 24ème symphonie K182 qui daterait du 1er octobre 1773 et non du 3 octobre.
La 26ème symphonie K184 qui daterait de novembre 1773 et non de mars.
La 27ème symphonie K199 qui daterait de janvier 1774 et non d’avril 1773.
La 28ème symphonie K200 qui daterait de février 1774 et non de novembre.
Et la 30ème symphonie K202 qui daterait du 14 mai 1774 et non du 5 mai.

Si les erreurs ne portent que sur quelques jours ou quelques mois, le spécialiste souligne l’importance de cette découverte : «Mozart grandissait chaque mois sous de nouvelles influences, ce qui change complètement la biographie du compositeur sur cette période-là».

Le chercheur illustre son propos en prenant l’exemple de l’été 1773, quand Mozart part à Vienne. Jusqu’à présent, les spécialistes affirment que deux de ses symphonies sont écrites avant son voyage. La découverte de John Arthur les datent à son retour de Vienne en novembre puis janvier : «Si vous écoutez ces deux symphonies, vous pouvez entendre l’influence des choses que Mozart a appris pendant son séjour à Vienne».

L’erreur autour de ces datations est mystérieuse. Les dates sur la plupart des manuscrits des symphonies de Mozart sont effacées. Dans le contexte, il pourrait s’agir d’une personne qui voulait faire passer le travail de Mozart comme composé plus tard, et non par un jeune adolescent de 17 ans ou 18 ans.

Pendant deux siècles, les manuscrits sont passés de mains en mains, sans que les spécialistes puissent y avoir accès. Un seul expert, le musicologue suisse Franz Giegling a lu les partitions dans les années 50/60. Ses conclusions sur les dates sont inscrites dans le catalogue Köchel, inventaire chronologique des oeuvres de Mozart. «Les gens ont pensé que si c’était dans Köchel, c’est que c’était vrai», suggère John Arthur.

Le spécialiste des livres et manuscrits du compositeur justifie sa découverte grâce à des loupes ultra performantes qui lui ont permis de lire les dates effacées. John Arthur émet tout de même un doute sur les intentions des personnes qui ont trouvé ces anciennes datations : «C’est très surprenant que par exemple, quelqu’un ait lu avril 73 au lieu de janvier 74...».

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