Les danseurs du Ballet de Bordeaux adressent une lettre ouverte aux Français et aux élus

Dans une lettre ouverte, les danseurs de l’Opéra National de Bordeaux font une nouvelle fois part de leurs inquiétudes. Depuis plusieurs mois ils sont en conflit avec la direction de l’institution et craignent une réduction drastique des effectifs.

Les danseurs du Ballet de Bordeaux adressent une lettre ouverte aux Français et aux élus
Grand Théâtre de Bordeaux, © Patrick Despoix

Les tensions ne semblent pas s’être apaisées au Ballet de l’Opéra National de Bordeaux. Après deux préavis de grève et une pétition, les danseurs expriment une nouvelle fois leur malaise dans une lettre ouverte adressée aux Français, au président de la République, à la ministre de la Culture, au président de la Région Nouvelle-Aquitaine et au maire de Bordeaux.

En opposition avec le directeur de l’institution, Marc Minkowski, les danseurs font une nouvelle fois le point sur leur situation. « Depuis le mois de décembre dernier, sur 39 postes nous avons vu 7 postes à pourvoir et 12 contrats de danseurs à renouveler menacés. En janvier 2017, 7 des contrats reconduits qui devaient être de deux ans ont été réduits à un an. »

Les danseurs déclarent n’avoir « aucune vision sur l’avenir du Ballet .» Aujourd'hui encore ils sont sans directeur, après la mise en retraite anticipée de Charles Jude, qui avait été suspendu dans un premier temps, en février 2017.

« Sauver un savoir-faire français historique »

Dans leur lettre, les membres du Ballet souhaitent également alerter le public sur la situation des compagnies de danse classique dans notre pays. « Aujourd’hui, en France, l’existence d’un Patrimoine de la Danse classique est en danger », écrivent-ils, en précisant que « ces 35 dernières années, nous avons constaté la réduction drastique du nombre de compagnies au répertoire de technique classique (Nantes, Rouen, Toulon, Lille Marseille, Limoges, Nancy …) engendrant un appauvrissement du répertoire et une baisse de la programmation des grands ballets. »

Ils pointent la responsabilité des pouvoirs publics qui ont « organisé le génocide du patrimoine classique », avec des prises de décision jugées incohérentes. « L’Etat ces 10 dernières années a créé des formations professionnelles et enseignement supérieurs au travers de la France. Dans la technique classique, pas moins de 50 nouveaux danseurs sortent de cet enseignement supérieur désormais pour entre à Pôle emploi. »

« Aujourd’hui les emplois permanents sont remis en cause dans les structures nationales. Il n’y a que 325 postes de danseurs de technique classique permanents en France dont plus de 150 sont à l’Opéra de Paris. Que restera-t-il en dehors de la capitale ? »

Alors que le Label National de l’Opéra de Bordeaux doit être renégocié, les danseurs réclament une fois encore du soutien, pour pouvoir « inscrire dans le cahier des charges du label les moyens nécessaires à la vie du Ballet ».