Concerts de poche : un nouvel orchestre pour les publics éloignés

L'association Concerts de Poche se développe et crée un nouvel orchestre. Un ensemble de 13 musiciens sera chargé d’amener le répertoire symphonique auprès du public éloigné des salles de concert.

Concerts de poche : un nouvel orchestre pour les publics éloignés
Les Concerts de poche lancent leur propre orchestre composé de 13 musiciens

De mieux en mieux implantés sur le territoire depuis 2005, les Concerts de poche n’ont pas l’air de vouloir se contenter de ce qu’ils ont déjà réussi à mettre en place. L’association, qui fait partie des pionnières en matière d’éducation culturelle et musicale dans les milieux éloignés de la culture, inaugure cette année son propre orchestre. Jusqu’à présent, les Concerts de poche ne proposaient que de la musique de chambre. Désormais, les répertoires symphoniques et concertants seront de la partie. 

Milieu rural, quartiers populaires, prisons, hôpitaux psychiatriques... Les Concerts de poche amènent la musique à ceux qui l’aiment mais qui n’ont pas pour autant la possibilité d’en écouter régulièrement, ou ceux qui ne savent même pas encore qu’ils pourraient l'aimer. 

Préparer et se préparer au concert

Le projet a vu le jour dans un petit village de Seine-et-Marne en 2005, sous l'impulsion de la pianiste concertiste Gisèle Magnan. Depuis, l’association organise 100 concerts par an avec des artistes comme Michel Dalberto, Thibault Cauvin, Karine Deshayes, Émile Parisien ou le Quatuor Modigliani, ainsi que plus de 1 500 ateliers. 

C’est l’une des particularités des Concerts de poche : le concert est systématiquement précédé d’une série d’ateliers. L’idée est d’inclure le public et de le préparer pour le jour de la représentation. Le type d’atelier le plus courant est la pratique du chant choral. Le public est formé plusieurs mois auparavant est donne une restitution en première partie du concert programmé. 

Nous visons 65 000 personnes d’ici deux à trois ans. Gisèle Magnan

Avec l’arrivée de cet orchestre de 13 musiciens dirigés par David Walter, les Concerts de poche souhaitent toucher davantage de monde. « Actuellement, nos ateliers et nos concerts permettent de toucher environ 42 000 par an. Nous visons 65 000 personnes d’ici deux à trois ans » explique Gisèle Magnan, ancienne pianiste concertiste et fondatrice des Concerts de poche. 

« Il nous fallait un effectif réduit afin de pouvoir facilement se produire dans les salles des fêtes des villages ou les maisons de quartier. Nous avons opté pour un orchestre de 13 musiciens, tous concertistes de haut niveau afin qu’il sonne comme un grand orchestre » poursuit Gisèle Magnan. Chaque instrumentiste sera le seul représentant de son pupitre. Parmi les musiciens, le quatuor Akilone, le Quintette à vents Artecombo, le contrebassiste Jérémy Bruyère, le percussionniste Pierre-Olivier Schmitt, le tromboniste Tristan Mauguin et le trompettiste Philippe Robert.

La musique contemporaine à l'honneur

L’orchestre des Concerts de poche débutera sa première saison avec un le Concerto pour violoncelle de Dvořák avec Henri Demarquette, puis une transcription de la Symphonie Espagnole d'Édouard Lalo pour marimba, avec Vassilena Serafimova. Autre point important, la place accordée à la musique contemporaine. L’association a passé commande aux compositeurs Christian Lauba et Paul Dujoncquoy pour une série d’oeuvres qui seront interprétées par l’orchestre ou par le public des ateliers. 

« Le public des Concerts de poche commence à bien nous connaître dans les territoires où nous sommes implantés depuis longtemps. Ils nous font entièrement confiance sur le programme des concerts. C’est donc l’occasion de défendre la musique des compositeurs d’aujourd’hui. A chaque concert, une oeuvre contemporaine sera présentée. Les compositeurs bénéficieront de résidences pour aller à la rencontre du public » explique Gisèle Magnan.

En juin 2018, une campagne de financement participatif lancée par les Concerts de poche, avait permis de récolter la somme de 30 050 euros. Reconnue d'utilité publique, l'association fonctionne avec des subventions publiques, le mécénat et ses ressources propres.