Les « Brexiters » déclarent la guerre à Beethoven

Des députés britanniques pro-Brexit ont appelé au boycott d’un festival après que ses organisateurs ont décidé de programmer la Neuvième symphonie de Beethoven, dans laquelle on retrouve l’Ode à la joie, également hymne européen.

Les « Brexiters » déclarent la guerre à Beethoven
Pour leur rentrée à Strasbourg, le 2 juillet dernier, les députés européens du Brexit Party de Nigel Farage ont ostensiblement tourné le dos à l’hémicycle pendant que retentissait l'hymne européen., © AFP

Beethoven aurait-il songé un jour se retrouver au coeur du débat pour le Brexit ? Des députés et responsables politiques britanniques favorables à la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne s’en sont pris au festival de musique classique de la ville anglaise de Gloucester, le Three Choirs Festival.

La programmation de ce festival, qui a lieu chaque année en alternance entre les villes de Hereford, Worcester et Gloucester, a provoqué un tollé chez les “Brexiters”. En effet, début août, pour sa soirée finale, la Neuvième symphonie de Ludwig van Beethoven doit être présentée au public. Problème : cette oeuvre est aussi l’hymne européen. 

Dans cette région où la majeure partie des suffrages aux dernières élections européennes se sont exprimés en faveur du Brexit, ce rappel des couleurs européennes fait tache. Plusieurs responsables politiques ont ainsi menacé de boycotter le festival. Ce concert de clôture n’est d’ailleurs toujours pas complet, contrairement aux autres représentations du festival. 

Un festival apolitique

Sidération du côté du directeur musical du festival, cité par le journal anglais The Guardian. Adrian Partington défend sa programmation : « Je suis consterné, parce que je ne veux vraiment pas que la politique s'en mêle. J'espère que ce n'est pas pour ça que certaines personnes n'ont pas acheté de billets, et si oui, je désespère. »

« Il y a beaucoup d’inquiétudes », souffle également une porte-parole du festival. L’événement, qui se dit apolitique et fédérateur, est confondu avec des affaires diplomatiques. Et avant même sa mise en application, le Brexit semble présager pour la Grande-Bretagne un repli sur elle-même, y compris sur le plan culturel. Tout un symbole.

Les images parlent d’elles-mêmes. Lors de la séance inaugurale du nouveau parlement européen, élu le 26 mai dernier, des députés pro-Brexit ont boudé l’oeuvre de Beethoven. Pour leur rentrée à Strasbourg, le 2 juillet dernier, les députés européens du Brexit Party de Nigel Farage ont ostensiblement tourné le dos à l’hémicycle pendant que retentissait l'hymne européen. D’autres députés d’extrême-droite, notamment du Rassemblement national, ont décliné l’invitation du président Antonio Tajani à se lever pendant l’hymne de l’Union.