Les 7 plus beaux duos de compositeurs et musiciens

Mis à jour le vendredi 12 août 2016 à 10h42

S’il est fréquent de rencontrer des interprètes passionnés par un compositeur, l’inverse se fait plus rare. Plus rare mais bien présent : certains compositeurs favorisent des interprètes, autant chanteurs que musiciens. Voici les sept plus beaux exemples de ces admirations mutuelles.

Les 7 plus beaux duos de compositeurs et musiciens
Paul Wittgenstein, amputé pendant la guerre, a commandé un concerto auprès de Ravel.

Frédéric Chopin et Francis Planté

Parmi les grands interprètes de Chopin, de grands noms surgissent : Liszt, Rubinstein, Horowitz, Paderewski ou encore Cortot … Pourtant FrancisPlanté mérite une attention particulière. Le pianiste, né en 1839 - soit de 30 ans le cadet de Chopin- aurait pu entendre jouer le célèbre compositeur dans des salons de musique. Ainsi, il serait le seul musicien enregistré à avoir vu les mains du compositeur romantique parcourir son piano.

Rapidement remarqué pour ses talents de pianiste, FrancisPlanté est invité à jouer dans de nombreux salons, dont celui de la princesse Czartoryska, élève de Chopin. C’est ici qu’il rencontre des proches du compositeur qui lui donnent de précieux conseils d’interprétation.

Giuseppe Verdi et Teresa Stolz

Pour l’un des plus grands compositeurs d’opéras romantiques, l’histoire de GiuseppeVerdi et TeresaStolz aurait fait une belle intrigue. Celle d’une jeune soprano qui rencontre l’un des compositeurs les plus influents du 19ème siècle. Verdi prend sous son aile cette chanteuse qu’il admire. Mais ce comportement n’est pas du goût de GiuseppinaStrepponi, la femme de Verdi. Seuls les journaux s’en donnent à cœur joie et prêtent à Teresa et Verdi une relation intime jamais vraiment confirmée. Jalouse de l’arrivée de la chanteuse dans la vie de son époux, Giuseppina se plaint de subir une relation à trois.

C’est sans aucun doute le moment le plus triste de ma vie. Teresa Stolz arrive aujourd’hui. Elle est très belle. Du noir, du noir, il n’y a rien que du noir autour de moi… Giuseppina Strepponi

Verdi ne manque pas une occasion d’emmener la jeune soprano partout où il va et de lui donner les plus beaux rôles de son répertoire, comme en 1872 quand il lui propose de chanter Aïda pour la première représentation européenne.

Jacques Offenbach et Hortense Schneider

La première Belle Hélène, c’est elle, sauf qu’elle s’appelle Hortense Schneider. La jeune soprano française débute dans Le violoneux d’Offenbach sur les planches des Bouffes-Parisiens, petit théâtre géré et rebaptisé par le compositeur en 1855. Hortense Schneider connaît un succès rapide et devient la favorite d’Offenbach qui lui créé des rôles-titres comme La Belle Hélène en 1864 ou la Grande-duchesse de Gérolstein trois ans plus tard.

Gracieuse et élégante selon les commentaires de l'époque, Offenbach appréciait surtout la qualité de sa voix, sa diction et son talent dramatique qui ont fait d’elle une chanteuse à succès sous le Second Empire.

Johannes Brahms et Joseph Joachim

Reconnu comme violoniste virtuose à l’âge de 12 ans, Joseph Joachim gravit rapidement les échelons pour devenir premier violon dans l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig en 1843. Cité comme modèle dans ses interprétations des concertos de Beethoven, c’est avec Brahms qu’il lie une relation singulière. Amis malgré de nombreuses disputes, le compositeur lui confie et lui dédie son unique Concerto pour violon que JosephJoachim sera le premier à interpréter.

Les deux amis travaillent aussi ensemble sur la composition. Le premier concerto pour piano de Brahms est écrit avec l’aide de Joseph Joachim qui, outre ses talents de musicien, compose. On lui doit notamment un Concerto à la hongroise pour violon et orchestre.

Maurice Ravel et Paul Wittgenstein

PaulWittgenstein doit très certainement sa célébrité à MauriceRavel. Le pianiste perd son bras droit sur le front russe en 1914, ce qui le pousse à commander des œuvres pour la main gauche à différents compositeurs. Strauss, Prokofiev, Britten, Hindemith, Korngold et d’autres répondent à l’appel mais le musicien est capricieux et n’apprécie pas la plupart des propositions. Quand la partition du Concerto pour la main gauche de Ravel lui parvient en 1930, PaulWittgenstein arrête ses caprices et connaît un succès mondial avec la pièce.

Son interprétation (et quelques retouches que le pianiste se sent en droit de faire arguant qu’il avait payé pour le morceau) ne plaisent pas au compositeur qui lui fait savoir. S’en suit une correspondance houleuse entre les deux hommes, qui partagent des points de vue différents sur de nombreux sujets. Cependant, le croisement du pianiste et du compositeur a fait naître l’un des plus beaux et célèbres concerto du XXe siècle.

Karol Szymanowski et Paul Kochanski

Quand le compositeur KarolSzymanowski se produit pour la première fois avec le violoniste PaulKochanski, c’est aussi la première fois qu’il donne en concert ses œuvres pour violon. Leur rencontre et leur amitié va donner une inspiration au compositeur polonais pour la suite. Il écrit pour le violoniste de nombreuses pièces comme Romance pour violon et piano, Mythes (qui comprend la célèbre Fontaine d’Aréthuse ) et ses deux premiers concertos pour violon.

Ensemble ils partent faire une grande tournée aux Etats-Unis avec ArthurRubinstein. Ce n’est qu’à leur retour que la réputation du compositeur en Pologne atteint son sommet. Il devient alors l’un des compositeurs polonais les plus brillants. Quant à PaulKochanski, d’autres compositeurs lui dédient des œuvres, comme Stravinski qui lui transcrit trois extraits de son Oiseau de feu.

Francis Poulenc et Pierre Bernac

Impossible de parler de mélodie française sans mentionner ces deux noms. Le baryton français Pierre Bernac débute tard sa carrière de chanteur. Dans les années 1930, il fait une rencontre décisive avec FrancisPoulenc auquel il se lie d’amitié. Le compositeur écrit plusieurs cycles de mélodie à l’intention du chanteur : Les Cinq poèmes d’Eluard, Tel jour telle nuit, Calligrammes, La Fraîcheur et le feu, Le Travail du peintre…

Leur amitié crée une longue période de collaboration, comme lorsque FrancisPoulenc accompagne au piano le baryton lors de ses tournées à l’étranger. Ou quand PierreBernac écrit Francis Poulenc : l’Homme et ses mélodies, consacré à la musique de son ami (sorti en 1978).

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