Le torchon brûle à l'Opéra de Liège

Deux chanteurs évincés d'une production, un licenciement, et un recours au Conseil d'État contre la désignation du nouveau directeur : les esprits s'échauffent à l'Opéra royal de Wallonie.

Le torchon brûle à l'Opéra de Liège
Deux chanteurs ont été évincés de Lucia di Lammermoor, la nouvelle production de l'Opéra de Liège, © Maxppp / BENELUXPIX

Ambiance délétère au sein de l'Opéra royal de Wallonie. À tel point que le vice-président du conseil d’administration, Philippe Monfils, demande une réunion d’urgence du CA de l'établissement. En cause : l'éviction de deux chanteurs de Lucia di Lammermoor, nouvelle production de l'opéra, rapporte notamment la RTBF, sous prétexte qu'ils "ne rencontrent pas en ce moment la qualité nécessaire pour assurer le niveau de la production". C'est l'argument invoqué par Stefano Pace, le nouveau directeur de la maison lyrique. Maxime Melnik, qui devait interpréter Arturo, et Zeno Popescu, pour le rôle Normanno, ne monteront donc pas sur scène.

"Des doutes ont surgi quant à ces deux artistes lors des premières répétitions. Ces doutes se sont confirmés lors de la première répétition en scène avec l’orchestre" - communiqué de l'Opéra royal de  Wallonie

Recours au Conseil d'État contre la désignation du nouveau directeur

Une décision qui entraîne stupéfaction, incompréhension et indignation au sein de l'Opéra de Liège. "Tout ça n'est pas sérieux, pour une structure qui pèse 15 millions de subsides, ce n'est pas acceptable", pointe le vice-président du conseil d'administration, cité par La Libre : "Nous devons avoir des justifications. J'ai le sentiment que depuis la mort de Mazzonis, on joue aux purges", estime-t-il.

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Et Stefano Pace, qui a succédé au défunt Stefano Mazzonis, fait face à la défiance : on apprend que le Conseil d'État a été saisi mardi dernier d'un recours remettant en cause la désignation du nouveau directeur. Ce recours émane d’un ancien responsable du personnel et de la sécurité, candidat non retenu et licencié en juin dernier, selon qui il y aurait notamment eu vice de forme dans la procédure.

À cela s’ajoute le licenciement d’un responsable des ressources humaines "sans que le conseil d’administration sache pourquoi", déplore le vice-président du CA. Sans compter, en parallèle, "la réintégration d’une assistance de direction artistique évincée par l’ancien directeur général et artistique en 2016 pour conflits d’intérêts". Des rumeurs relatées sur certains médias, selon lesquelles cette assistante ferait du favoritisme, ont été démenties par la maison lyrique.

Avec, en toile de fond - même s'il n'est officiellement pas lié aux crispations - un départ : celui de la maestro italienne Speranza Scapucci, cheffe d'orchestre principale, qui ne renouvellera pas son mandat. "Le nombre d’engagements reportés dans les saisons à venir ne lui permettent pas de dégager le temps nécessaire pour assumer comme il se doit la  fonction", indique l'Opéra dans un communiqué.