Le ténor dramatique Gilbert Py nous a quittés

Mis à jour le mercredi 20 octobre 2021 à 12h45

"Vous n’avez pas la voix pour chanter l’opérette. Vous chanterez Samson, Otello, Siegmund, Tannhäuser, Fidelio, sur toutes les scènes du monde", lui assurait un professeur dans sa jeunesse. La prophétie s'était réalisée.

Le ténor dramatique Gilbert Py nous a quittés
Le ténor Gilbert Py a interprété les plus grands rôles, © Wikimedia Commons

Sa voix ample, imposante et infaillible avait fait de lui un ténor courtisé, à la fois sur la scène française et internationale. Gilbert Py est mort à l'âge de 87 ans, après une carrière jalonnée des rôles les plus prestigieux.

Fils d'artistes forains, Gilbert Py naît à Sète en 1933. Il fait ses premiers pas de danse et ses premières vocalises dans la rue, où il joue de l'accordéon et chante des airs d'opérette. Un professeur lui fait alors cette prédiction : "Mon garçon, vous n’avez pas la voix pour chanter l’opérette, mais celle d’un ténor héroïque. Vous chanterez Samson, Otello, Siegmund, Tannhäuser, Fidelio, sur toutes les scènes du monde." Un enseignant sans doute versé dans l'art de la divination.

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Maître des rôles dramatiques

C'est à Verviers en Belgique, en 1964, que le futur grand ténor fait ses débuts à l'âge de 31 ans dans Madame Butterfly, en incarnant Pinkerton. Puis, il se glisse dans la peau de Mario dans la Tosca l'année suivante, à Tourcoing. En 1969, il foule la scène de l'Opéra de Paris. Il y interprétera le rôle-titre du Trouvère de Verdi, ou encore le José de Carmen. C'est le début d'un succès français, qui se muera bientôt en carrière internationale. Barcelone, Vérone, Mexico, ou encore Turin en 1973, où il se produira avec brio dans Carmen et Lohengrin de Wagner. Une voix ronde, pleine, puissante, particulièrement adaptée aux rôles dramatiques du répertoire lyrique, comme Sigmund dans la Walkyrie ou Radamès dans Aïda.

À souligner aussi sa participation remarquable à la reprise de La Reine de Saba de Charles Gounod, dirigé à Toulouse par Michel Plasson. En 1996, Gilbert Py avait fait ses adieux à la scène, en interprétant Otello au Festival d'Aspendos, en Turquie. Pour un ténor dramatique, quoi de mieux que le "rôle des rôles" en guise de révérence ?