Le spectacle vivant appelle au "déconfinement total et sans distanciation"

Le secteur du spectacle vivant a lancé un appel au Président de la République pour réclamer un "déconfinement total et sans distanciation pour une reprise véritable".

Le spectacle vivant appelle au "déconfinement total et sans distanciation"
Un concert à Kyoto où le public doit respecter une distance minimale d'1,5 mètre entre chaque spectateur, © AFP / Isao Tsuchiya / Yomiuri

Les entrepreneurs du spectacle vivant réclament "un déconfinement total et sans distanciation pour une reprise véritable" dans leur secteur, dans un communiqué adressé à Emmanuel Macron avant son intervention dimanche.

"Il faut déconfiner le spectacle vivant", exige le Prodiss, première organisation patronale du spectacle musical dans le privé, dans ce communiqué, également signé par d'autres organismes représentant notamment les salles, festivals, théâtres privés, cabarets, le Camulc et le Sndtp. Ces organisations s'interrogent par ailleurs sur "les mesures portées par le ministère de la Culture" face à la crise sanitaire qui paralyse leur secteur d'activité.

Communiqué adressé au Président de la République mais pour l'instant resté sans réponse. Lors de son allocution dimanche soir, Emmanuel Macron n'a rien annoncé concernant la culture. "Nous allons pouvoir retrouver le plaisir d’être ensemble, de reprendre pleinement le travail, mais aussi de nous divertir, de nous cultiver" a déclaré le chef de l'Etat. Sans pour autant apporter la moindre précision quant à un éventuel assouplissements des mesures sanitaires pour le spectacle vivant. 

En plus de mesures rapides pour permettre une reprise d'activité complète, les entrepreneurs du spectacle vivant réclament un plan de relance. "Doter le Centre national de la musique d'un montant de 50 millions d'euros, face à plus de 2 milliards d'euros de pertes subies par le secteur, c'est une mesure d'urgence, à peine de sauvegarde, mais en aucun cas de relance", critiquent-ils.

"Un spectacle cadenassé par les contraintes Covid, avec une salle au deux tiers vide de public ne fait pas sens", poursuivent-ils. "La distanciation s'appliquerait aux spectacles mais pas dans les trains : une différence de traitement qui pose aujourd'hui question". "Si les spectacles ne reprennent pas, la casse sociale sera inéluctable", préviennent encore ces organismes représentatifs.

Par ailleurs, le Sma (450 adhérents de la filière musiques actuelles) et la Fedelima (140 lieux et projets de musiques actuelles) interpellent également le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Culture, dans une lettre ouverte avec des revendications similaires. Ces deux entités souhaitent un "accord de principe en vue d'une reprise (...) en configuration debout à compter du 1er septembre en revenant à la norme usuelle, soit 3 personnes debout/mètre carré".

"Si votre gouvernement estime à présent que les conditions sanitaires sont réunies dans les autres domaines de la société (transports, parcs de loisirs, hôtellerie et restauration, lieux de culte, etc.), cette norme doit alors s'appliquer à nos établissements, par souci de cohérence", insistent-elles. Et de demander une clarification de la "zone de flou pour les événements dont les jauges sont inférieures à 5.000 personnes": "nous n'avons toujours pas de consigne explicite quant à la possible tenue de ces événements d'ici au 31 août".

"Parmi nos adhérents, nous comptons 45 festivals qui doivent se dérouler entre le 1er septembre et le 31 décembre, comme les Rencontres Trans Musicales de Rennes par exemple", ajoutent le Sma et la Fedelima, qui veulent "dès ces prochains jours un accord de principe pour leur maintien". "En effet, en septembre, il sera trop tard pour décider de leur maintien ou de leur annulation : les coûts de production alors engagés risqueraient de compromettre la pérennité des entreprises qui portent ces projets", concluent ces organismes.

Avec AFP