Le secteur du spectacle musical très actif, mais pas assez rentable selon les producteurs

Avec deux milliards d'euros de chiffre d'affaires direct en 2015 et une croissance annuelle de 6% entre 2012 et 2015, le secteur du spectacle musical s'avère très actif mais pas assez rentable, selon un rapport du syndicat national des producteurs.

Le secteur du spectacle musical très actif, mais pas assez rentable selon les producteurs
Singin' in the Rain au Théâtre du Châtelet (2015 - 2016), © Maxppp / Annie Viannet

Dans un document réalisé par le cabinet EY, le syndicat national des producteurs, diffuseurs, festivals et salles de spectacle (Prodiss) dévoile les résultats du secteur du spectacle musical en France. Ce rapport révèle notamment la part de cette marché dans l’économie française.

Avec 118.700 emplois directs ou indirects, le secteur a généré en 2015 un chiffre d'affaires direct de 2 milliards d'euros, soit un peu moins que les jeux vidéo (2,1) mais davantage que les secteurs de l'enregistrement sonore et musical (1,3) et l'édition et la diffusion de programmes radio (1,3).

La croissance du chiffre d'affaires direct a connu une progression de 6% par an entre 2012 et 2015. Cette hausse globale est principalement due à celle des recettes de billetterie, qui ont augmenté de 6,1% par an sur la même période, selon le rapport. Le chiffre d'affaire indirect (prestataires du secteur et professionnels du tourisme) s'élève, lui, à 2,3 milliards d'euros.

« La croissance globale du spectacle musical et de variété s'est révélée un des principaux relais pour une filière musicale gravement touchée », affirment les auteurs du rapport, qui désignent le développement du streaming légal comme vecteur de croissance, alors que les ventes physiques de disques ne cessent de s'effondrer.

Le Prodiss relève en outre la diversité des 191 métiers du secteur, dont plus de la moitié concernent des domaines techniques. Leur évolution suit l'essor des réseaux sociaux et du financement sur Internet (crowdfunding).

Les auteurs soulignent enfin la taille modeste des 4.000 entreprises du secteur, dont 99% sont des TPE et des PME. « Le risque fait partie du quotidien de ces entreprises: soumises à des équations économiques complexes, elles affichent des taux de rentabilité plus faibles que d'autres secteurs culturels », rapporte l'étude. Une fragilité qui n'empêche pas ces entreprises d'organiser des festivals et de tenir des salles dans 1.450 communes françaises.

avec AFP