L'incroyable privilège des descendants du duc de Choiseul à l’Opéra-Comique

Le journal Le Monde révèle l’incroyable querelle dont fait l’objet la première loge côté cour de l’Opéra - Comique, à Paris, réservée depuis 1781 aux héritiers du duc de Choiseul.

L'incroyable privilège des descendants du duc de Choiseul à l’Opéra-Comique
La salle Favart, Opéra-Comique, © Andreas Praefcke

C’est l’histoire d’un cadeau fait par Louis XVI au seigneur Etienne-François de Choiseul en 1781. Pour le remercier du don d'un bout de parc, le roi de France décide d’accorder au duc de Choiseul « la propriété de la loge à huit places à côté de celle du cy devant Roy de France » à la Comédie italienne et ce, « jusqu’au dernier descendant mâle portant le nom de Choiseul ». Ainsi, encore aujourd'hui, les héritiers du duc bénéficient de la première loge côté cour de l’Opéra-Comique (qui a succédé à la Comédie italienne), révèle le journal Le Monde.

Depuis plus de deux siècles, dix générations de la lignée ont profité de cette transmission « unique dans un théâtre placé sous la tutelle du ministère de la Culture », poursuit la journaliste, qui représente un manque à gagner évalué entre 20 000 et 40 000 euros chaque année pour le théâtre. Une petite vingtaine de descendants en sont propriétaires et« ne ratent aucune représentation », écrit la journaliste Pascale Nivelle. Et si ce privilège a survécu à la Révolution, aux incendies, ainsi qu’à 7 procès, ce sont les travaux de rénovation de la salle Favart en 2017 qui ont récemment fait trembler les descendants. Alors que l'Opéra-Comique célébrait sa réouverture, les héritiers du duc de Choiseul ont trouvé leur loge amputée de la moitié de sa taille, passée de 12 à 5 places, dont 3 utilisables. Face à la menace d'un procès, la direction de l’Opéra Comique propose de laisser sa loge en l’état et d’attribuer 5 ou 6 places à chaque représentation, pour éviter tout frais de justice, nous apprend le quotidien.