"Un moment extraordinaire" : Jonathan Fournel remporte le Concours Reine Elisabeth

Le jeune homme de 27 ans, originaire de Moselle, s'est imposé samedi soir face aux finalistes russes et japonais. "C'est un moment que je ne peux oublier", réagit-il au micro de France Musique.

"Un moment extraordinaire" : Jonathan Fournel remporte le Concours Reine Elisabeth
Jonathan Fournel s'est imposé à l'issue d'un mois de concours organisé dans des modalités particulières, crise sanitaire oblige, © AFP / NICOLAS MAETERLINCK / Belga

"Je ne pouvais pas vraiment réaliser ce qui se passait : je pensais que ça allait être quelqu'un d'autre !" Tout s'est bousculé dans la tête du pianiste Jonathan Fournel lorsqu'il a remporté, tard samedi soir, le Concours Reine Elisabeth, organisé à Bruxelles. L'aboutissement de quasiment un mois de concours et une "grande émotion" pour le Mosellan de 27 ans : "Je crois que je n'ai encore pas fini de réaliser ce qu'il s'est passé, je n'ai encore pas eu assez de temps pour pouvoir digérer cet événement", confie-t-il ce lundi au micro de Jean-Baptiste Urbain

"Je n'ai pas encore fini de remercier tout le monde"

La victoire, décrochée grâce au 2e concerto pour piano de Brahms face aux cinq autres finalistes (deux Japonais et trois Russes), lui laissera en tout cas un souvenir impérissable : "Quand je suis arrivé sur scène pour recevoir les fleurs et m'asseoir sur la première chaise, c'est un moment que je ne peux oublier. J'ai pensé à mes parents, à ma copine que je n'avais pas vu depuis une semaine puisque j'étais resté enfermé à la Chapelle. Et je n'ai pas encore fini de remercier tout le monde."

Au départ prévue en mai 2020, cette édition consacrée au piano aurait dû accueillir 74 candidats. Mais la crise sanitaire rendant complexe les déplacements entre pays, ce sont finalement 58 candidats, de plus de 16 nationalités, qui se sont affrontés un mois durant lors de ce prestigieux concours. Le jury qui a tranché samedi soir réunissait entre autres Jean-Philippe Collard, Momo Kodama ou encore François-Frédéric Guy.

Pas de public et des tests Covid

L'organisation était particulière, Covid-19 oblige. "C'était assez spécial de préparer ce concours avec ces contraintes qui ne permettaient pas d'avoir de public dans la salle", raconte le jeune lauréat, qui ne s'est néanmoins pas laissé distraire : "On savait que ça allait être dans ces conditions-là, donc on s'est préparé en sachant qu'on allait devoir faire à chaque fois les prestations dans une salle pratiquement vide, à part le jury." Un public composé donc cette année exclusivement d'internautes, qui ont pu suivre les épreuves en ligne (vous pouvez toujours les visionner en cliquant ici.)

Les candidats et le jury ont dû se soumettre à un tests Covid "environ toutes les semaines, afin de voir si des personnes étaient infectées d'une semaine à l'autre. Mais grand coup de chance : il n'y a eu aucun problème." Qu'envisage Jonathan Fournel pour la suite ? "J'avoue que je n'arrive pas encore bien à voir comment vont se passer les prochaines semaines... Il y a encore pas mal de choses à organiser avant le concert de gala, le 9 juin."

De prestigieux mentors

Jonathan Fournel, né le 2 octobre 1993 à Sarrebourg, commence le piano à l'âge de 7 ans au Conservatoire de Sarreguemines, où enseigne son père. Il est admis en 2001 au Conservatoire de Strasbourg. En 2006, il est accepté à la Musikhochschule de Sarrebruck, en Allemagne. Il suit dans le même temps des cours avec Gisèle Magnan, qui continue encore aujourd’hui d’accompagner son travail. 

En 2009, il est reçu à l’unanimité au Conservatoire National Supérieur de Paris et reçoit successivement l’enseignement des pianistes Bruno Rigutto, Brigitte Engerer, Claire Désert et Michel Dalberto. Depuis 2016, il se perfectionnait à la Chapelle Musicale Reine Élisabeth de Belgique, auprès de Louis Lortie et Avo Kouyoumdjian. De formidables pédagogues que Jonathan Fournel promet de ne pas oublier : "Je demanderai toujours encore conseil à mes professeurs, pour éviter d'être lancé trop vite dans ce monde."