12 000 jeunes de 18 ans testent actuellement le pass Culture

Depuis le 1er février, le pass Culture est officiellement entré en phase d'expérimentation dans cinq départements. Près de 12 000 jeunes de 18 ans vont pouvoir accéder à de nombreuses offres culturelles grâce à un crédit de 500 euros.

12 000 jeunes de 18 ans testent actuellement le pass Culture
Le pass Culture est actuellement en phase d'expérimentation auprès de 12 000 jeunes de 18 ans issus de 5 départements , © Maxppp / Bruno Levesque

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : permettre un accès à la culture aux jeunes de 18 ans grâce à un crédit de 500 euros. Pour l’instant, le pass Culture est en phase de test dans 5 départements français : le Bas-Rhin, le Finistère, l’Hérault, la Seine-Saint-Denis et la Guyane. Près de 12 000 jeunes dans les départements concernés ont été sélectionnés.

Grâce à une application à télécharger sur leur smartphone, ils ont accès à une pléiade d’offres culturelles géolocalisées : théâtre, concert, musée mais aussi l'abonnement à un service de streaming musical ou prendre des cours de musique ou de danse. Pour Céline Léger-Danion, responsable du pass Culture, service situé dans le ministère de la Culture, l'objectif est « d'accroître et de diversifier les pratiques culturelles des jeunes de 18 ans. C'est-à-dire à un âge où ils ne sont plus complètement accompagnés par leurs professeurs, leurs éducateurs, leurs association, etc. Ils ont davantage une pratique individuelle ». 

Là où cette initiative du gouvernement diffère des chèques culture que nous avons pu connaître il y a quelques années, c'est l'implication demandée aux acteurs culturels. « C'est notre deuxième objectif, au même niveau que le premier : leur proposer une plateforme numérique de mise en avant et de mise en valeur de ce qu'ils font sur le terrain au quotidien » précise Céline Léger-Danion. 

Aux acteurs culturels de jouer le jeu

Le but du pass culture est de pousser les jeunes à faire un pas de côté par rapport à leurs habitudes de consommation culturelle. Et cela passe avant tout par la faculté des lieux de culture à savoir mettre en avant des offres censées les attirer. Pour l’instant, près d’un millier d’institutions ont joué le jeu. Parmi elles, l’Opéra Comique à Paris qui propose actuellement trois offres en lien avec le prochain opéra, Le Postillon de Longjumeau de Adolphe Adam. 

Via l'application, les jeunes de 18 ans peuvent opter pour l'une des trois formules proposées. A chaque fois, une place pour le spectacle agrémentée, soit d'une séance de chant en amont de la représentation avec des chanteurs professionnels, soit une visite des coulisses de l'Opéra Comique, soit une offre prestige composée d'un programme, d'une consommation au bar et d'une surprise. 

Laure Salefranque, responsable de la communication voit dans le pass Culture un « formidable » outil qui « nous permet de cibler un public très précis. Cela fait des années que nous cherchons à atteindre les plus jeunes et leur donner envie de franchir les portes de l'Opéra Comique. La grande difficulté est de savoir comment s'adresser à eux. Avec cette application, nous avons la chance de vraiment leur parler directement »

Et du côté des jeunes ? 

Reste à savoir comment ce pass Culture version bêta est perçu du côté des jeunes. Parmi les testeurs résidant en Seine-Saint-Denis, Elodie Lam, 18 ans et habitante de Pantin, a effectué sa première réservation d'un spectacle via l'application. Elle est allée voir Eins, Zwei, Drei de Martin Zimmerman au Centquatre à Paris. « Je n'y serai jamais allée de moi-même si je n'en avais pas eu connaissance grâce au pass Culture, explique l'étudiante en gestion des entreprises et des administrations. Et 500 euros, c'est énorme pour notre âge ! » 

Elle a plutôt aimé le spectacle en question même si elle reconnaît n'avoir pas tout compris. « Parfois tout le monde riait dans la salle et je ne comprenais pas pourquoi » avoue-t-elle. Elodie a conscience que ce ne sont que les débuts de l'expérimentation mais elle regrette le manque d'offres, sujet de déception largement partagé par ses amis. Tous regrettent d'ailleurs que s'abonner à Netflix, service de films et séries en streaming vidéo, ne soit pas compris pour l'instant dans le pass Culture. Alors que c'est pourtant le cas de Deezer, service de streaming musical. 

Le gouvernement a d'ailleurs prévu de plafonner à 200 euros les offres culturelles numériques de ce type. 200 euros également pour les achats de biens physiques, comme les livres ou les CD. Sont bannis tous les services qui proposent de la livraison à domicile, comme Amazon. L'objectif clairement assumé du gouvernement est de favoriser les sorties physiques, les rencontres avec les artistes et de mettre en valeurs les acteurs culturels qui sont soutenus par les politiques publiques. 

Le test est prévu pour durer plusieurs années et de nombreuses mises à jour seront effectuées dans les mois à venir pour étoffer le service. Si le pass Culture est généralisé à l’ensemble du territoire, cela concernera quelques 800 000 jeunes par an. Soit un budget de 400 millions d’euros. Le gouvernement planche sur un financement à hauteur de 20% par les fonds publics, le reste par le secteur des banques et des entreprises.  Là aussi, il s'agit pour l'instant de pistes de travail.