Le monde de la culture uni pour faire barrage au FN

Répondant à l’appel d’une soixantaine d’organisations syndicales, le monde de la culture s’est réuni mardi 2 mai à la Cité de la musique pour faire barrage au Front National.

Le monde de la culture uni pour faire barrage au FN
Les représentants des organisations syndicales de la culture sur la scène de la Salle des concerts de la Cité de la musique pour faire barrage au FN, © AFP / François Guillot

La Salle des concerts de la Cité de la musique à Paris était pleine à craquer mardi 2 mai au soir. Plus d’un millier de personnes avaient répondu présent à l’appel lancé par une soixantaine d’organisations syndicales du monde de la culture pour dire non au Front National, à quelques jours du deuxième tour de l'élection présidentielle. Laurent Bayle, directeur de la Philharmonie, a entamé la soirée avec un discours au ton grave et solennel. Celui qui a rappelé qu’il ne sortait jamais du silence que lui impose sa fonction sauf en 2002, pour contrer Jean-Marie Le Pen qualifié pour le deuxième tour, et aujourd’hui, en 2017, a fortement affirmé qu’un « état français infiltré par le Front National [était] impensable ».

Laurent Bayle a clairement appelé à voter pour Emmanuel Macron qui représente le « seul candidat républicain » malgré les « déceptions partisanes, que l’on peut comprendre ». Le directeur de la Philharmonie de Paris a rappelé l’importance pour la démocratie et la culture d’avoir un « état protecteur » qui prend soin de « soutenir la diversité ». Laurent Bayle a appuyé son propos en prenant l’exemple de la Salle des concerts qui accueillait le rassemblement : « Cette salle se situe aux antipodes d’une revendication d’une culture nationale identitaire chère à Marine Le Pen et au leader de Debout la France (Nicolas Dupont-Aignan, ndlr) ».

Suite à ce discours d’introduction, les représentants des organisations syndicales ont été invités à monter sur la scène sous les applaudissements nourris de la salle. Parmi eux, les Forces Musicales (Syndicat professionnel des directions d’opéra et des orchestres), l'Association française des orchestres, la Sacem, la CGT Spectacle ou le SFA-CGT (syndicat des artistes-interprètes). Dans un discours commun, ils ont appelé à voter contre le FN pour défendre « des arts qui ne laissent pas tranquille, qui nous élèvent et nous font sentir un peu plus humains ». « Nous ne pouvons accepter la banalisation du Front National et de ses idées antidémocratiques de rejet de l'autre et de repli sur soi dans une société identitaire et fragmentée, contraire aux valeurs républicaines », indiquait le message de mobilisation.

De nombreux artistes ont également répondu présents et se sont produits sur scène : Alexandre Tharaud, Sarah Nemtanu et David Kadouch, l’humoriste Christophe Alevêque, l’actrice Céline Sallette ou la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot. Présente également, Audrey Azoulay, la ministre de la Culture qui, dans une interview à l’AFP, a salué l’initiative des artistes qui « ont voulu exercer leur responsabilité citoyenne » en affirmant qu’elle voterait pour Emmanuel Macron « sans la moindre hésitation et avec même un certain espoir ». La ministre a cité des exemples de ce qu’est « la gestion du Front National notamment pour les arts : un élu qui fait repeindre en bleu la création d’un plasticien parce que ça ne lui plaît pas, des bibliothèques avec une forme de censure concernant les livres pour enfant, un cinéma municipal qui retire le film de Lucas Belvaux qui parle d’extrême-droite ».