Le monde de la culture en "marche" contre les coupes budgétaires

Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Paris et en province pour manifester contre les coupes budgétaires dans la culture ainsi que sur les menaces qui pèsent sur le régime des intermittents du spectacle.

Le monde de la culture en "marche" contre les coupes budgétaires
A Paris, entre 500 et 1000 personnes ont manifesté contre les coupes budgétaires dans la culture. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

Entre 500 et 1000 personnes ont manifesté cet apès-midi dans les rues de Paris pour protester contre les baisses des budgets alloués par le ministère de la Culture. Ils répondaient à l'appel de plusieurs syndicats dont la CGT et le Syndeac pour une "marche de la culture". A Paris, le cortège est parti de la place du Châtelet pour rejoindre le Palais Garnier. Lequel opéra a dû d'ailleurs annuler la représentation de ce soir (deux ballets de Birgit Cullberg et Agnes de Mille) en raison d'un mot d'ordre de grève de la CGT.

Pour Madeleine Louarn, présidente du Syndeac, le syndicat des entreprises culturelles, "trois éléments peuvent nous mettre par terre : les restrictions budgétaires, la loi de décentralisation qui met en pièce l'échafaudage fragile de financements de la culture en régions, et les menaces contre l'assurance chômage ". Madeleine Louarn tenait un point presse avec Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT spectacle.

Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle (au centre) et Madeleine Louarn, présidente du Syndeac (à droite). (© Victor Tribot Laspière / France Musique)
Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle (au centre) et Madeleine Louarn, présidente du Syndeac (à droite). (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

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Gravouil Louarn marche pour la culture

Le budget de la Culture affiche une baisse de 2% en 2014, après 4,3% en 2013 et Madeleine Louarn craint "500 millions d'économies dans la culture dans les trois ans qui viennent " dans le cadre de la réduction du déficit public.

"On n'a jamais connu de baisses du budget de cette ampleur. On est revenu en dessous du niveau de 1981. La culture est considérée comme une variable d'ajustement ", a déploré Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT spectacle. Et ces coupes budgétaires impactent tous les acteurs de la culture: les petites compagnies bien sûr mais aussi les grosses institutions comme l'Opéra de Paris ou le musée du Louvre.

Manif culture chatelet
Manif culture chatelet

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gravouil marche de la culture

Une "Braderie de la culture" symbolique alignait sur le trottoir photos de tournage, livres et accessoires de théâtre. "On est arrivé à l'os ", s'alarmaient fin février plus de 150 personnalités du monde de la culture dans une lettre ouverte à François Hollande pour demander "le maintien et le développement d'une politique culturelle ". Aurélie Filippetti est elle-même montée au créneau le mois dernier, estimant que son ministère avait contribué "plus que les autres " à la réduction des dépenses publiques et avait donc "fait son effort ".

En régions, la CGT comptabilisait 600 manifestants à Marseille, 750 à Lille, 150 à Perpignan et 120 à Bordeaux. A Toulouse, 200 artistes et professionnels du spectacle ont symboliquement accompagné en cortège le cercueil du ministère de la Culture au son d'une marche funèbre. La deuxième Marche pour la culture, après une première mobilisation le 10 février dernier, est une initiative unitaire des salariés du spectacle et des employeurs des secteurs de la musique, de l'opéra, des orchestres et de l'art contemporain.

Le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, présent mercredi Place du Châtelet, a appelé à une forte mobilisation le 18 mars (contre le Pacte de responsabilité) et le 20 mars, dernier jour de négociation de la convention Unedic. "Il faut que le rapport de force fasse que le Medef en rabaisse dans ces négociations " a-t-il dit, tout en rappelant que d'autres sujets que les intermittents sont sur la table.

Les métiers par essence précaires du spectacle sont régis par deux annexes au régime général du chômage. Le Medef a jeté un pavé dans la mare en début de négociation en proposant leur suppression, à charge pour l'Etat de financer le surcoût lié à la précarité du secteur, estimé à 320 millions d'euros sur un déficit total de l'Unedic de 4 milliards d'euros en 2013.

Le patronat semble avoir depuis opéré un retrait par rapport à cette position radicale. Il a demandé le report de l'ultime séance de négociation au 20 mars prochain. Des manifestations sont programmées par les intermittents et la CGT à cette date, notamment à Paris en direction du siège du Medef.

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