Le « j'aime ou j'aime pas » de Lea Desandre

La mezzo-soprano Lea Desandre fait partie du jury du premier Concours France Musique des Musiciens Amateurs. Que pense-t-elle des cours de musique au collège, du jazz ou des concerts classiques ? Réponse dans ce « J’aime ou j’aime pas ».

Le « j'aime ou j'aime pas » de Lea Desandre
Lea Desandre, © Ledroit-Perrin

En avril 2017, Lea Desandre tenait le premier rôle dans l'opéra Alcione de Marin Marais, sous la direction de Jordi Savall pour la réouverture de l'Opéra-Comique. Un succès de plus dans l'impressionnant palmarès de la jeune chanteuse née en 1993.

Premier Prix Jeune Espoir du Grand Théâtre de Bordeaux à l’unanimité en 2013, lauréate HSBC 2016 du Festival d’Aix-en-Provence et Révélation artiste Lyrique des Victoires de la Musique Classique 2017, Lea Desandre n'a pas fini de nous éblouir, par sa voix, évidemment, mais aussi de par sa curiosité et son enthousiasme.

Au mois de juillet, on la retrouve dans deux des plus grands festivals d'été : à Aix-en-Provence, pour l'opéra Erismena de Cavalli, et à Beaune, pour l'Orfeo de Monteverdi. Entre répétitions et représentations, elle a accepté de faire partie du jury du premier Concours France Musique des Musiciens Amateurs et de se prêter au jeu du « j'aime ou j'aime pas ».

« J’aime ou j’aime pas »

… l’expression musicien amateur ?

J’aime pas… Je trouve que l’expression a un côté péjoratif. A partir du moment où on fait de la musique, qu’importe son niveau tant qu’on le fait avec passion. On est tout simplement musicien ! Je ne pense pas que la distinction entre amateur et professionnel ait forcément besoin d’être qualifiée. Cette différence s’entend, évidemment, puisque le musicien professionnel pratique toute la journée afin d’atteindre un niveau élevé.

… les cours de musique au collège ?

J’adore ! C’est grâce à mes cours de musique au collège que j’ai commencé à chanter. Sans ces cours de musique je ne serais probablement pas devenue chanteuse. C'est ma professeur au collège qui m’a fait remarquer que j’avais une jolie voix et qui m’a conseillé de m’inscrire dans les chœurs d’enfants de l’Opéra….

… l’exposition médiatique ?

Je n’ai pas vraiment d’avis là-dessus, ça ne compte pas pour moi. En revanche, ce qui me parait important pour la musique classique, qui est un milieu finalement assez fermé, c'est que les médias permettent de diffuser, d'ouvrir et de démocratiser. Ils essayent de déconstruire certains a priori, de rendre la musique plus accessible.

… se réécouter, se voir chanter ?

Je n’aime pas parce que, pendant le concert, la chose la plus belle est de vivre avec l’écoute de la salle et l’écoute entre musiciens. Tout ce qu’on fait alors n’est pas parfait, mais ce qui compte c’est dans l’énergie du moment. Quand on se réécoute, on ne sent pas l’ambiance de la salle et on ne comprend plus pourquoi on a fait tel ou tel son, à certains moments. On n’est plus dans la musique, on est dans le contrôle.

… la forme du concert classique ?

… J’aime ce que le concert classique est en train de devenir. Il y a toujours quelque chose d’étrange dans ces concerts, comme un mur invisible entre la scène et la salle. Or maintenant il y a de plus en plus d’artistes qui s’adressent directement au public, qui expliquent par exemple le programme, entament un dialogue… En tout cas dans les derniers concerts que j’ai vus.

Pour ce qui est du dress code, je trouve bien qu'on ait quand même une certaine attention à la façon dont on s’apprête, puisqu’on est quand même devant des personnes venues écouter notre musique. C’est une question de respect vis-à-vis du public. Mais je suis pour qu’on casse un peu certains codes, comme la robe longue. D’ailleurs, il y a de plus en plus de femmes qui chantent en tailleurs. Et pourquoi ne chanterait-on pas avec des robes plus courtes ? Ou même avec un jean ? Ça peut être très élégant, un jean. Tant que l'on montre qu'un certain effort qui est fait pour le public.

… le jazz ?

J’adore ! Ce que j’aime dans le jazz, c’est que je pense que cela ressemble à la musique d'avant, lorsqu'il y avait encore une grande part d’improvisation, comme par exemple dans la musique ancienne. Aujourd’hui on fixe les choses, on essaye de retrouver avec une certaine perfection comment était la musique de l’époque. Mais il ne faut pas oublier que les musiciens d'alors étaient très pointus et maîtrisaient probablement sur le bout des doigts toutes les techniques d’improvisation. Les jazzmen se rapprochent peut-être le plus de ce qu’étaient les grands compositeurs de l’époque.

Je n’ai jamais chanté de jazz professionnellement, mais j'en chante un peu en soirées, pour m’amuser avec mes amis. C'est une technique différente de celle du chant classique, mais je ne pense pas que les deux soient incompatibles. Le jazz vocal laisse une grande part à la voix de poitrine, et j’adore ça !

… Céline Dion ?

J’adore ! (Rires) Elle a une très belle voix, non ? Et elle a une forte personnalité, elle sait transmettre de l’émotion !

Retrouvez les conseils de Lea Desandre pour réaliser votre vidéo musicale, ainsi que ses deux titres choisis pour la playlist du jury 2017 !