Le gouvernement met en ligne une plateforme dédiée à l'éducation artistique et culturelle

Les ministères de la Culture et de l'Education nationale lancent une une plateforme pour mettre en relation les artistes et la jeunesse. Concrétisation de la volonté du Président de la République de renforcer cet été l'éducation artistique brutalement stoppée en raison de la crise sanitaire.

Le gouvernement met en ligne une plateforme dédiée à l'éducation artistique et culturelle
Emmanuel Macron le 6 mai dernier alors qu'il s'adressait au monde la culture, durement touché par la crise du coronavirus, © Radio France / Ludovic MARIN

Elle devrait être la porte d'entrée de ce qu'Emmanuel Macron a appelé "l'été culturel et apprenant", une plateforme pour mettre en relation les artistes et les professionnels de la jeunesse vient d'être mise en ligne. Portée par les ministères de la Culture et de l'Education nationale, elle est décrite comme étant un moyen de "soutenir le retour aux pratiques artistiques et culturelles des jeunes", selon un communiqué. 

Artistes et professionnels de la culture peuvent s'inscrire sur la plateforme pour "proposer des des projets pendant l'été, partout en France". Le 6 mai dernier, lorsque le Président de la République s'adressait au monde de la culture, il avait appelé les artistes à investir l'école et les lieux d'accueil de la jeunesse cet été. "Remettre les arts et la culture au coeur de la vie des jeunes et de leurs familles" précise le communiqué. 

L'Etat débloque un budget de vingt millions d'euros pour soutenir l'initiative, indique-t-on au ministère de la Culture. De plus, afin d'inciter les intermittents à proposer des actions artistiques, le plafond des heures d'enseignement prises en compte pour calculer leurs droits sera augmenté.  Les négociations ne sont pas encore finalisées à l'heure actuelle, mais il est question de le relever à 140 heures contre 70 pour les moins de 50 ans, et à 170 heure contre 120 pour les plus de 50 ans. Une mesure pour permettre aux intermittents de reprendre une activité dans cette période où la quasi-totalité d'entre eux est à l'arrêt forcé.

Les artistes et les structures culturelles peuvent déposer un ou plusieurs projets en remplissant un formulaire. Les ministères espèrent que les "enseignants , animateurs, acteurs associatifs ou les collectivités territoriales" se connecteront sur la plateforme pour "identifier ceux [les projets] qui sont susceptibles de les intéresser et de prendre directement contact avec les acteurs culturels qui les proposent" poursuit le communiqué. 

"Nous avons avons voulu faire simple, explique-t-on rue de Valois. Il y avait jusqu'à présent peu de contact entre le ministère et les artistes, les structures culturelles sont les plus compétentes pour dialoguer avec eux. Dans le cadre de cet été culturel, le ministère met directement en lien artistes et lieux d'accueil des jeunes. C'est l'occasion de mettre en avant des artistes qui sont hors des circuits habituels ou peu connus des lieux de culture. Il faut aussi aller vers le public qui est éloigné de la culture".

Ce seront les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) qui auront la charge d'étudier et de valider les projets en question pour qu'ils soient référencés dans la plateforme. Cette initiative "d'été culturel" a fait grincer les dents des professionnels de l'enseignement artistique, comme les dumistes qui interviennent en milieu scolaire pour faire de l'éveil musical. "C'est tout à fait complémentaire, répond le ministère. Il y a ceux qui transmettent les arts, et les artistes qui vont accompagner les jeunes à découvrir leur propre créativité. L'artiste traduit un regard sur le monde, et au travers de ces rencontres avec les jeunes, il en retire beaucoup sur sa propre création". 

Les deux ministères espèrent également que les jeunes viendront prendre connaissance des projets proposés et accéléreront la "mise en oeuvre" des projets. Sur le site internet de la plateforme, on peut y lire qu'une "attention particulière est portée aux projets (...) qui pourront être proposés aux enfants et aux jeunes accueillis dans des structures collectives, avec ou sans hébergement, en juillet et en août" comme les établissements scolaires participant au dispositif école ouverte, centres de loisirs, centre et villages de vacances, maisons des jeunes et de la culture, etc.