Le gouvernement britannique enterre le projet d’une nouvelle salle de concert à Londres

Souhaitée par le précédent gouvernement, la nouvelle salle de concert de Londres n’est pas prête de voir le jour. La Première ministre Theresa May vient d’annoncer l’arrêt du financement de l’étude de rentabilité.

La décision a suscité une grande déception dans le milieu de la musique classique londonien et britannique. Le gouvernement de Theresa May a décidé de couper les fonds de l’étude préalable à la construction d’une nouvelle salle de concert à Londres. Souhaitée par Sir Simon Rattle, qui doit prendre les rênes du London Symphony Orchestra (LSO) en 2018, cette salle devait permettre à la capitale britannique de maintenir son niveau de classe mondiale et notamment de rivaliser avec Paris et sa nouvelle Philharmonie.

L’autre point évoqué par les défenseurs du dossier se concentrait sur les problèmes d’acoustique rencontrés dans les salles telles que le Royal Albert Hall, le Barbican Center ou le Royal Festival Hall à Southbank. Mais les problèmes qui touchent le Royaume-Uni depuis le vote du Brexit semblent reléguer ce projet de nouvelle salle au second plan. Le gouvernement a donc décidé de couper net les fonds qui permettaient de réaliser une étude de faisabilité. Une somme de 5,5 millions de livres sterling a été créditée dont 1,25 millions déjà dépensé. Ce qui reste retournera donc dans les poches du Trésor. Philip Hammond, le Chancelier de l’Echiquier, a estimé que les premières conclusions de l’étude ne permettaient pas d’apporter les preuves suffisantes d’une nécessité et surtout d’une rentabilité.

La décision a été critiquée par une partie des acteurs britanniques de la musique classique. Dans le Guardian, le chef d’orchestre Daniel Harding a estimé que l’abandon du projet serait « dévastateur ». Le tout nouveau directeur musical de l’Orchestre de Paris a expliqué qu’en tant que « musicien, il serait extrêmement décevant de ne pas pouvoir se doter d’une salle de la même qualité que celle de Paris ».

Ce projet de Centre for music estimé à 278 millions de livres aurait dû se construire sur le site du Musée de Londres dans la City, à deux pas du Barbican Centre. Il aurait principalement servi de port d’attache au LSO, actuellement logé au Barbican. Une salle souvent critiquée pour ses aspects peu pratiques et acoustiques. Daniel Harding reconnaît qu’il s’agit d’un « lieu compliqué pour produire un son homogène et de haute qualité. C’est une belle salle de conférence mais pas une salle de concert. Si vous entendiez le LSO jouer un soir au Barbican et le lendemain à Amsterdam, Paris ou Berlin, c’est complètement différent ».

Le chef d’orchestre Sir Roger Norrington va encore plus loin en parlant d’une « grande honte ». Selon lui, aucune salle londonienne n’est digne d’accueillir les grandes phalanges internationales. « Nous pouvons survivre avec ce que nous avons actuellement mais cela n’est vraiment pas l’idéal. Curieusement, Paris, qui durant des années n’a pas eu de salles prestigieuses, en a deux nouvelles (la Philharmonie et la Seine Musicale de l’Ile Seguin, ndlr) ».

D’autres voix étaient plus sceptiques sur la nécessité de cette nouvelle salle. Certains critiquaient le lieu choisi, d’autres la raison d’être de cette nouvelle maison pour le LSO ou encore le fait que cet argent devait plutôt être dépensé pour venir en aide à l’éducation musicale qui lutte actuellement pour sa survie.

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