Le Festival international de piano d'Haïti annulé en raison du climat social très tendu

Le Festival international de piano d'Haïti, qui devait se tenir du 15 au 24 novembre, a été annulé pour des raisons de sécurité. La pianiste franco-haïtienne Célimène Daudet, fondatrice de l'événement a été contrainte de prendre cette décision en raison de la montée des violences dans le pays.

Le Festival international de piano d'Haïti annulé en raison du climat social très tendu
Haïti, aéroport de Port-au-Prince. Les musiciens invités de la 2e édition du Festival international de piano, qui a du être écourtée, partagent un dernier moment musical avant de prendre leur vol, © Haïti piano project

Cette 2e édition du Festival international de piano d'Haïti devait continuer jusqu'à samedi 24 novembre mais la fête a tourné court. Célimène Daudet, pianiste franco-haïtienne et fondatrice de l'événement, a été contrainte d'annuler le festival qui avait débuté le 15 novembre. Le climat social, tendu depuis ces derniers mois, s'est très fortement dégradé ce dimanche 18 novembre. 

Au cours de manifestations contre la corruption et contre le pouvoir en place, plusieurs personnes ont été tuées par balles. Trois selon la police nationale d'Haïti, 11 selon l'opposition. La tension n'est pas retombée le jour suivant, notamment dans la capitale Port-au-Prince, désertée suite à un appel à la grève de la part de l'opposition. 

C'est dans ce lourd climat que Célimène Daudet a pris sa décision. Le festival, scindé en deux parties, avait débuté à Port-au-Prince et devait se poursuivre à Jacmel. « Nous avons attendu le plus possible pour voir comment évoluait la situation. Mais le lundi soir, l'ambassade de France nous a déconseillés de prendre la route entre Port-au-Prince et Jacmel. La sécurité des festivaliers et des artistes étant le plus important, nous avons préféré annulé la fin du festival » explique Célimène Daudet au téléphone, tout juste arrivée à Paris.  

La directrice du festival a donc eu le temps de prévenir le Quatuor Voce, qui devait se produire samedi 24 novembre, de ne pas décoller de Paris. Célimène Daudet se dit « extrêmement triste » de ne pas avoir pu aller au bout de cette édition. « Haïti est un pays qui a beaucoup souffert. Proposer un événement culturel gratuit est quelque chose d'essentiel. Lors des premiers concerts, on pouvait voir un mélange de toutes les classes sociales, ce qui est vraiment rare ici ». La pianiste se dit déterminée à poursuivre son festival « coûte que coûte » l'année prochaine.

Célimène Daudet retournera rapidement en Haïti pour s'occuper du piano du festival. L'instrument en question est placé au cœur du projet. Lors de la première édition, la musicienne a organisé une levée de fonds afin de pouvoir acheter un piano de concert. Il n'y avait plus aucun instrument digne de ce nom, ce qui rendait impossible l'organisation de récitals de piano. Le Yamaha est resté à Port-au-Prince, alors qu'il est censé être conservé à Jacmel. Célimène Daudet se déplacera avec un accordeur suisse pour s'en occuper, et donnera un récital à cette occasion. 

La pianiste, qui se dit « inquiète pour le pays », veut croire qu'il y a un espoir que les choses s'arrangent, tant les gens y ont une « force et une énergie incroyable ». Elle continuera à bâtir une programmation musicale très « imprégnée de la culture et la de musique haïtienne ».