Le festival d'Aix, un moment particulier pour l'Orchestre de Paris

En résidence cette année au Festival d’Aix-en-Provence, l’Orchestre de Paris est présent dans deux productions, Carmen de Bizet et The Rake’s Progress de Stravinsky. Ambiance de travail, répétitions, imprévus … Retour sur un mois de préparation.

Le festival d'Aix, un moment particulier pour l'Orchestre de Paris
Le Théâtre de l'archevêché à Aix-en-Provence, © Maxppp / SPITERI Sophie

A la veille de l’ouverture officielle du Festival d’Aix-en-Provence, le calme qui régnait ce dimanche 2 juillet autour du Grand Théâtre de Provence et de l'Archevêché contrastait terriblement avec l’animation des rues et, surtout, avec l’effervescence des jours à venir. Pour les musiciens de l’Orchestre de Paris qui participent aux productions de Carmen et The Rake’s Progress, c’était jour de repos, après une dizaine de journées de travail. « Les répétitions se sont très bien passées », affirme Philippe Aïche, premier violon de l’orchestre. Le Festival leur offre la possibilité de pouvoir travailler sur un temps plus long. En presque un mois, les musiciens ont le temps d’approfondir artistiquement leur approche de l’oeuvre avec le chef d’orchestre et le metteur en scène, déclare Bruno Hamard, directeur général de l’ensemble. Seule ombre au tableau, la pluie, qui a conduit à l’annulation d’une répétition le jeudi 29 juin à l’Archevêché, théâtre en plein air. « Ici, nous sommes tributaires de la météo … Mais cela fait partie des joies du festival ! » ajoute le musicien.

Pour Philippe Aïche, « le travail est très intéressant à Aix car il faut s’adapter, à la technique, aux chanteurs », ce qui leur impose « une forme de souplesse dans le jeu et la disponibilité. » A cela s’ajoute, l’ambiance méridionale. Pendant près d’un mois les musiciens s’installent à Aix-en-Provence ou dans les villages alentours, souvent en famille, parfois avec des piscines, « c’est un mélange de travail et de vacances, dans un cadre beaucoup moins stressant qu’à Paris », sourit le violoniste.

Un festival préparé deux ans à l’avance

Véritable institution, le Festival d’Aix-en-Provence se prépare des années à l’avance pour chaque édition. « Quand nous sommes venus pour Elektra en 2013, nous avons déjà commencé à évoquer avec Bernard Foccroulle la possibilité de revenir pour une véritable résidence », explique Bruno Hamard, qui déclare travailler déjà sur 2018 et 2019.

Mais malgré une organisation méticuleuse et anticipé, intervient toujours une dose d’imprévu. Il y a moins d’un mois, à quelques jours seulement des premières répétitions, le directeur musical de l’Orchestre de Paris, Daniel Harding, se blessait au poignet. Il a donc fallu lui trouver, de toute urgence, un remplaçant pour diriger The Rake’s Progress. « C’est très compliqué de trouver un remplaçant qui connaisse l’orchestre, soit familier avec l’œuvre et qui soit disponible pendant la durée du festival », reconnaît Bruno Hamard. « Il fallait faire vite, mais en croisant nos carnets d’adresses nous sommes tombés rapidement d’accord sur Eivind Gullberg Jensen avec l'équipe du Festival. Tout cela s’est fait en 48h, nous avons eu beaucoup de chance ». Il a ainsi pu travailler avec l'orchestre pour qui ce changement n'a pas été particulièrement perturbant puisqu'il n'avait pas encore commencé à répéter.

Persiste cependant une dernière grande inconnue, l’accueil que réservera le public aux nouvelles productions. Si l’orchestre n’intervient pas directement dans les choix de mise en scène, il est tout de même convié à la présentation des maquettes. Après les répétitions, le musicien et le directeur semblent unanimement satisfaits des œuvres présentés, et sont tous deux persuadés que « Carmen mis en scène par Tcherniakov, risque de surprendre, de perturber et de faire naître la controverse ».