Le directeur du ballet de l'Opéra de Lyon licencié pour discrimination

Condamné en décembre dernier pour discrimination pour avoir refusé le renouvellement du contrat d'une danseuse à son retour de congé maternité, Yorgos Loukos vient d'être licencié de son poste de directeur du ballet de l'Opéra de Lyon par le conseil d'administration.

Le directeur du ballet de l'Opéra de Lyon licencié pour discrimination
Yorgos Loukos, directeur du ballet de l'Opéra de Lyon, vient d'être licencié pour discrimination, © AFP / Sergey Pyatakov / Sputnik

Réuni en session extraordinaire, les membres du conseil d'administration de l'Opéra de Lyon ont voté pour le licenciement de Yorgos Loukos, directeur du ballet. Il avait été condamné en appel en décembre dernier pour discrimination pour avoir demandé le non-renouvellement du contrat d'une danseuse à son retour de congé maternité. Le directeur du ballet avait été condamné à une amende de  1 500 euros avec sursis et à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à l'ancienne danseuse. Le syndicat des artistes professionnels, le SNAM-CGT, avait alors appelé à son licenciement. 

Les faits remontent à 2014 : Karline Marion, 34 ans, est en CDD à l'Opéra de Lyon depuis cinq ans et se trouve à ce moment crucial où son contrat sera requalifié en CDI s'il est renouvelé une sixième fois. Mais, deux jours après son retour de congé maternité, une lettre lui signifie son non-renouvellement. 

Yorgos Loukos, directeur du ballet depuis 33 ans, motive sa décision auprès de la ville de Lyon qui embauche les danseurs du ballet : « Faiblesse physique et stylistique », « style trop classique » pour une danseuse qui a effectué une partie de sa carrière au ballet Béjart. Or, lors d'un entretien quelques jours plus tard, enregistré par la danseuse, Yorgos Loukos explique : « si entre 29 et 34 ans, tu as fait pas mal, mais pas beaucoup, c'est pas entre 35 et 40 que tu vas faire plus, en plus avec un enfant ».

Sur Twitter, le syndicat SNAM-CGT a salué la décision du conseil d'administration tout en se posant la question de l'indemnisation de la danseuse en question. 

Cette affaire rappelle celle du Ballet Nice Méditerranée dont le directeur Eric Vu-An, ancien danseur de l'Opéra de Paris, avait été visé par une plainte pour harcèlement et discrimination par une soliste, Gaëla Pujol, congédiée en 2018 après une deuxième maternité. Par la suite, la ville de Nice avait décidé d'améliorer l'accompagnement administratif et médico-professionnel des danseurs et établi un formulaire d'alerte pour signaler tout cas de harcèlement.   

Dans le monde très réservé de la danse classique, les langues se délient de plus en plus et des cas de discrimination et de harcèlement sexuel et moral sont révélés au grand jour depuis le mouvement #MeToo et des compagnies prennent plus volontiers des sanctions. Il y a une semaine, le Royal Ballet de Londres a annoncé avoir suspendu le chorégraphe Liam Scarlett, l'une stars de la prestigieuse institution, visé selon le Times par une enquête pour harcèlement sexuel.

Avec AFP