Le directeur des Chorégies démissionne après un litige avec la mairie d’extrême droite

Raymond Duffaut, directeur général des Chorégies d’Orange depuis 1981, a annoncé sa démission. Il accuse la municipalité d’extrême droite d’avoir pris le contrôle du festival lyrique.

Le directeur des Chorégies démissionne après un litige avec la mairie d’extrême droite
Raymond Duffaut en conflit avec la mairie d'Orange (extrême droite) a posé sa démission ©ManuelPascual/Maxppp

«La ville considère que la présidence de l’association des Chorégies d’Orange lui revient de droit», a expliqué le directeur du festival Raymond Duffaut à l’AFP, après avoir rendu publique sa démission dans une lettre.

En janvier, Thierry Mariani, président de l’association des Chorégies depuis 20 ans annonce sa démission de la présidence du festival en désaccord avec le choix de Jean-Louis Grinda (directeur de l’Opéra de Monte-Carlo) pour succéder à Raymond Duffaut fin 2017.

Le départ de Thierry Mariani propulse Marie-Thérèse Galmard, adjointe à la vie sociale à la mairie d’Orange (extrême droite) présidente en intérim selon les statuts de l’association. Elle doit assurer cette fonction jusqu’à l’élection d’un nouveau président par le conseil d’administration. Mais selon Raymond Duffaut, la mairie souhaite garder son adjointe présidente jusqu’à la fin du mandat de Mariani c’est à dire en 2018.

«C'est la Ligue du Sud (mouvement d'extrême droite de Jacques Bompard) qui met la main sur les Chorégies d'Orange, c'est un coup de force», dénonce Raymond Duffaut. Le maire d’Orange, Jacques Bompard estime lui que «le conseil d’administration a été très clair : la présidente actuelle par intérim est présidente de droit jusqu’à la fin du mandat».

Or d’après le président démissionnaire les statuts prévoient un intérim en cas d’empêchement du président et non en cas de démission. L’une des premières décisions de la nouvelle présidente, Marie-Thérèse Galmard a été de retirer à Raymond Duffaut sa délégation de signature.

Ce n’est pas le premier litige entre la municipalité d’Orange et les Chorégies. Dans sa lettre de démission, Raymond Duffaut rappelle que la contribution de la ville au festival n’a pas été revalorisée depuis 20 ans. Et en 1995, tandis que Jacques Bompard est élu maire d’Orange, il se présente à la présidence de l’association du festival mais n’est pas élu. Depuis cet épisode, il a suspendu sa contribution pour aider le festival, endetté aujourd’hui d’un million d’euros selon la municipalité.

De son côté, la ministre de la culture a réagi jugeant «anormale» la nouvelle situation à la présidence des Chorégies. Audrey Azoulay souhaite faire respecter les «règles de gouvernance» faute de quoi elle pourrait suspendre la subvention de l’Etat accordée au festival. Selon Le Parisien, cette participation représente 6 à 7% du budget du festival.

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