Victoire pour le conservatoire Rachmaninoff à Paris, qui restera dans ses murs

L'établissement historique, qui loue depuis plus de 30 ans un hôtel particulier appartenant à la mairie de Paris, craignait que cette dernière le revende. Une option écartée mercredi lors du conseil municipal.

Victoire pour le conservatoire Rachmaninoff à Paris, qui restera dans ses murs
Le conservatoire Rachmaninoff, au 26 avenue de New-York dans le 16e arrondissement de Paris, © Street View

Le conservatoire Rachmaninoff peut respirer. "Après plusieurs mois sans réponse, la nouvelle équipe du Conservatoire a enfin reçu la confirmation de la Mairie de Paris que l’activité du Conservatoire pourra se maintenir dans le bâtiment historique du 26 Avenue de New York", se félicite l'établissement dans un communiqué. Le conservatoire Rachmaninoff, qui loue son bâtiment à municipalité depuis plus de 30 ans, craignait que cette dernière revende cet hôtel particulier du 16e arrondissement de Paris.

"Pour Monsieur Emmanuel Grégoire et Madame Carine Rolland, adjoints de Madame Anne Hidalgo en charge de l’urbanisme et de la culture, 'la Ville de Paris n'entendait aucunement remettre en question l'activité artistique et culturelle du conservatoire sur ce site' ", précise le conservatoire. La confirmation de cette décision positive a été validée à l’unanimité en Conseil de Paris ce mercredi.

Fondé il y a quasiment un siècle

La Direction du Conservatoire, fondé en 1923 par le chanteur d'opéra Fédor Chaliapine et le compositeur Alexandre Glazounov, "remercie tous ceux qui se sont mobilisés à ses côtés pour rappeler ou faire connaître aux élus de la ville de Paris l’importance du Conservatoire Rachmaninoff". Elle remercie également les "plus de 38 900 signataires" d'une pétition en ligne. "On prépare à la fois l’année prochaine et en même temps, on ne sait pas trop si on peut rester ou pas… L’objet de cette mobilisation, c’est de clarifier les choses",  confiait début juin sur France MusiqueDamien Hasbroucq, porte-parole et membre de l’association du conservatoire. 

Le pianiste Mikhail Rudy, qui soutient le conservatoire, réaffirmait aussi à notre micro son enchantement pour ce lieu historique : "Quand je suis arrivé en France en 77, c’était le premier endroit que j’ai connu à Paris, il représentait la Russie d’autrefois. J’y suis allé beaucoup de fois, j’y avais des amis, j’allais donner des concerts, c’était très festif comme endroit, un lieu assez incroyable. Si on le ferme, c’est comme si on détruisait l’Atelier Delacroix !" L'établissement fait travailler 40 professeurs, compte plusieurs centaines d’élèves, et revendique un fonds culturel de plus de 40 000 partitions anciennes.