Le concert de demain, pour le Quatuor Ellipsos

A quoi ressemblera le concert de demain, quand nous pourrons de nouveau y assister ? Pour le Quatuor Ellipsos, il doit se réinventer avec les outils numériques et l'éducation musicale, repenser sa durée et sa programmation.

Le concert de demain, pour le Quatuor Ellipsos
Le concert de demain, pour le Quatuor Ellipsos

Faut-il ré-inventer le format du concert tel que nous le connaissons ? C'est ce qu'a proposé le Président de la République Emmanuel Macron à certains artistes, lors d'un entretien sur la crise que rencontre le secteur culturel en raison du Covid-19. 

Mesures sanitaires, intervention dans les écoles, importance des outils numériques... nous avons demandé aux artistes à quoi ressemblera, selon eux, ce « concert de demain ».

Pour Paul-Fathi Lacombe, saxophone soprano, le concert de demain sera résolument numérique : « pourquoi pas imaginer une offre numérique dans les abonnements des saisons de concerts ou saisons culturelles ? ». Une solution, selon lui, pour faire « le pont permanent entre l'offre culturelle et le public », et ainsi attirer « les publics habituellement éloignés des concerts et en même temps, assurer les engagements des artistes ». 

Un apport des outils numériques qui s'est fait particulièrement sentir pendant les mois de confinement, mais auquel ne peut se substituer, pour les membres du quatuor, le fait de repenser la programmation-même des concerts. « Imaginer des concerts peut-être plus courts, de 40 à 45 minutes, mais donnés deux fois », suggère Nicolas Herrouet, avec « une première séance à 18h30 et la deuxième à 20h30 », permettant de maintenir un taux de remplissage acceptable et de « garantir des sécurités sanitaires avec l'espacement d'un siège entre chaque personne dans la salle ».  

Des concerts plus courts, en deux parties ? C'est l'idée que suggère Julien Bréchet, sur le modèle des concerts de rock, de pop et de jazz, dans lesquels « des artistes de renommée internationale partager l'affiche avec de plus jeunes artistes ». 

Enfin, le concert de demain ne pourra évidemment pas se passer du public de demain, dont on aura formé l'oreille. « C'est quoi la fondation d'une culture ? » questionne Sylvain Jarry. «C'est sa jeune génération, ce sont ses enfants. Et justement, ce qui nous anime avec le Quatuor Ellipsos depuis de nombreuses années, c'est la transmission de notre culture, de nos cultures aux plus jeunes. Du coup, encore plus aujourd'hui qu'hier, on est persuadé qu'il faut renforcer les liens entre les artistes, les structures d'enseignement des arts et l'Education Nationale. »