Le chef d'orchestre, compositeur et pianiste américain André Previn est mort

Le chef d’orchestre, compositeur et pianiste américain André Previn s'est éteint ce jeudi 28 février à New York, à quelques semaines de son 90e anniversaire. Quatre fois oscarisé, il était un musicien aux talents multiples, gourmand de tous les styles et tous les genres musicaux.

Le chef d'orchestre, compositeur et pianiste américain André Previn est mort
Le chef d'orchestre, compositeur et pianiste américain André Previn est mort, © Getty

Le chef d’orchestre, compositeur et pianiste américain André Previn s'est éteint ce jeudi 28 février à New York, à quelques semaines de son 90e anniversaire. Le musicien était à l'honneur sur France Musique dans les Grands interprètes de la musique classique par Emilie Munera et Rodolphe Bruneau-Boulmier du 4 au 8 février dernier :

Ainsi que dans l'émission Repassez-moi l’standard de Laurent Valéro :

France Musique rendra hommage à André Previn dès ce soir dans Classic Club de Lionel Esparza et dans de nombreuses émissions dans les prochains jours : entre autres dans Musique Matin ou Open Jazz et Laurent Valière lui consacrera une édition spéciale de 42e rue le 10 mars prochain.

Grand admirateur de Leonard Bernstein, André Previn était lui aussi un musicien aux talents multiples qui brassait avec gourmandise les styles et les genres. Il abordait avec facilité aussi bien le jazz, la musique de film, la musique classique et l'opéra. En tant que chef d'orchestre, il a dirigé les plus grandes phalanges dans le monde entier.  « Bernstein a montré l'exemple qu'il était possible de ne pas se spécialiser dans un seul genre musical. On n'est plus obligé de faire uniquement les spectacles pour Broadway, le cinéma, la direction d'orchestre - on peut désormais faire tout cela à la fois,  » a-t-il déclaré.

Né à Berlin, Andreas Ludwig Priwin alias André Previn émigre en 1939 aux Etats-Unis avec sa famille. Il est naturalisé américain en 1943, et grandit à Los Angeles, non loin des studios d’Hollywood.  C’est dans le cinéma qu’André Previn forge le métier : il improvise sur les films muets et à l’âge de 20 ans il est arrangeur et compositeur pour le grand écran pour les studios hollywoodiens. Il est nommé à onze reprises pour ses adaptations musicales au cinéma, et récompensé quatre fois (Gigi en 1958, Porgy and Bess l'année suivante, Irma la Douce en 1963 et My Fair Lady  en 1964) . Il a signé plus de cinquante films et comédies musicales. 

Il est compagnon de route de nombreux musiciens de jazz, et avec certains il enregistre et noue une complicité durable. Il accompagne notamment Ella Fitzgerald. En parallèle, il étudie la direction d'orchestre : il travaille avec Pierre Monteux, avant d'entamer une carrière de chef à la tête de nombreuses phalanges prestigieuses, comme l’Orchestre Symphonique de Londres, l’Orchestre Symphonique de Pittsburgh,  Royal Philharmonic Orchestra de Londres et l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles. 

Dans cet agenda chargé, il parvient à composer abondamment, la musique de film, mais aussi des partitions symphoniques, notamment des concertos qu’il dédie à des artistes de renom, comme le violoncelliste Yo-Yo Ma, le pianiste Vladimir Ashkenazy, ou la violoniste Anne-Sophie Mutter, sa cinquième femme, qui crée le Concerto « Anne-Sophie ». Il compose des cycles de chansons pour Kathleen Battle, Janet Baker et Barbara Bonney... En 1998, est créé, à San Francisco, son premier opéra A Streetcar Named Desire, sur un livret de Philip Littell, et basé sur la pièce de Tennessee Williams, avec Renée Fleming dans le rôle principal. Sa carrière est maintes fois récompensées par de nombreux Grammy Awards, pour ses compositions, enregistrements ou prestations de concert.